
La rencontre du premier ministre du gouvernement transitoire M. Béji Caid Essebsi avec les membres de la haute instance de réalisation des objectifs
de la révolution s’est déroulée dans une ambiance sereine en dépit de quelques chahuts causés par certains membres de l’instance.
La raison de ces chahuts tourne essentiellement autour de la nomination de M. Khemaies Jehinaoui au poste de secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Des membres de la haute instance y voient un signal en direction de l’Etat d’Israël. En effet, Khemaies Jehinaoui était le responsable du Bureau des intérêts tunisiens en Israël.
M. Béji Caid Essebsi a répondu à la majorité des questions qui lui ont été posées mais a soigneusement évité de répondre à une question se rapportant à l’affaire Samir Feriani, un commissaire principal détenu en prison pour avoir exprimé dans un journal de la place ses soupçons contre certains responsables de sécurité tunisiens qui seraient impliqués dans la répression sanglante qu’a connue la Tunisie avant la fuite de Ben Ali.
M. Caid Essebsi a insisté sur plusieurs points dont l’économie, la justice et l’organisation des élections. Il a décrit la situation en Tunisie comme grave. En effet, des entreprises importantes et dont les activités sont vitales pour le pays, sont à l’arrêt. Les exemples ne manquent pas : La cimenterie d’Ennfidha, le Groupe chimique Tunisie, la Compagnie des Phosphates de Gafsa…
Le premier ministre a évoqué sa tournée dans les pays du Golfe. Il n’a pas caché que ces pays étaient réticents à l’idée de livrer le président déchu ainsi que certains proches. Pour lui, la justice Tunisienne a accompli son devoir en lançant les mandats de recherche contre ces personnes mais que leur comparution devant les tribunaux tunisiens dépendait du bon vouloir des pays qui les hébergent.
Béji Caid Essebsi a également tenu à préciser que la Tunisie n’avait encore signé aucun accord de prêt auprès du FMI ou des banques multilatérales. Il a tenu à rappeler, par ailleurs, que le gouvernement était clairement opposé aux courants intégristes et que tout acte de violence ou d’outrage commis au nom de la religion sera puni.
M. Iyadh Ben Achour, président de la Haute instance de réalisation des objectifs de la révolution, a évoqué en fin de séance, la possibilité de voir les ministres du gouvernement présents devant l’instance, ce à quoi M. Béji Caid Essebsi a répondu qu’il n’y était pas « défavorable ».
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