Abdessatar Messaoudi, membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes et avocat de Béji Caid Essebsi, semble décidé à ne plus se taire sur les dépassements qui ne cessent d’avoir lieu au sein du parti, qui menacent selon lui son avenir.
Après avoir dénoncé « le groupe qui s’approprie tout (mta3 kollou) », en faisant allusion aux anciens membres de Nidaa qui ont été nommés au cabinet présidentiel, et particulièrement Mohsen Marzouk, Ridha Belhaj et Rafaa Ben Achour, qui ont fait une mainmise sur toutes les décisions du parti, Messaoudi a fustigé le président du bureau exécutif du parti, Boujemaa Remili.
Selon Messaoudi, Remili a été chargé de présenter les candidats de Nidaa au gouvernement et il s’est servi de cette opportunité pour présenter une de ses proches pour le poste du ministre de la culture. Messaoudi a ajouté que Latifa Lakdhar n’a rien à voir avec Nidaa Tounes et on a été surpris de voir son nom dans le gouvernement proposé comme on a été surpris de voir de nombreux autres noms qu’on ne connait même pas au sein du parti.
Cette position critique qui vient s’ajouter à celles de Khemais Ksila, Abdelaziz Kotti, Mondher Bel Haj a coïncidé avec le lancement par Abdelmajid Sahraoui, d’une pétition dénonçant la mainmise de « Carthage » et exigeant une du bureau exécutif une réunion d’urgence avant l’annonce de la composition du gouvernement. Elle prouve que le partage des postes a déclenché cette guerre des clans au sein du premier parti du pays, au moment où il avait plus que jamais besoin d’union et de cohésion pour régner sur le pays.