
Ces dernier temps les concertations entre les différents partis politiques vont bon train. Que ce soit dans un souci de former des fronts ou celui de constituer des coalitions et autres alliances, tout le monde y va de bonne augure afin de « garantir le meilleur pour la Tunisie » selon les multiples déclarations d’hommes politiques.
D’un autre côté il serait légitime que de penser au fait que ces différentes formations politiques seraient aussi séduites par le pouvoir, la gouvernance, les différents postes importants dont elles pourraient disposer à savoir présidences, ministères, administrations et autres institutions.Les paris des uns et des autres connaissent certainement quelques évolutions, à l’approche d’un remaniement ministériel tant attendu et qu’on n’arrête pas de retarder à chaque fois qu’on se croit aussi près du but.
Comme tout le monde l’a remarqué, durant ces trois dernières semaines, la scène politique a connu un état d’ébullition; des propositions à droite et à gauche émanant de la Troïka pour renforcer le gouvernement par quelques formations politiques de poids, le refus de nombre d’entre elles et l’acceptation de certaines autres, des démissions « forcées » parfois qui se sont multipliés, des annonces d’alliances et de coalitions…etc.
Parmi les derniers faits marquants de cet épisode politique, quelques uns méritent d’être cités.
En effet la troïka, a proposé entre autre, au Parti Républicain deux ministères régaliens que ce dernier a refusé. Suite à quoi Fethi touzri membre de ce même parti, a été contraint de démissionner afin de pouvoir rejoindre la prochaine formation gouvernementale.
En marge de cette affaire, Issam Chebbi, membre du bureau politique du parti, dénonce des manœuvres malsaines de la part de la troïka et essentiellement Ennahdha qui, selon lui, voudraient induire l’opinion publique en erreur dans le but de faire croire à ce qu’un membre du Parti républicain rejoindra finalement la coalition gouvernementale.
Pas plus d’une semaine auparavant, le Parti Républicain avait annoncé, suite à la réunion de son comité central, qu’il avait décidé de former une alliance avec deux autres partis non moins important de la scène politique tunisienne en l’occurrence Nidaa Tounes et Al Massar.
D’un autre côté, Le bureau politique du Parti des forces du 14 janvier 2011 affirme qu’il est « fort possible » que le parti intègre l’Union pour la Tunisie.
Il est à noter que ces différents pourparlers, qu’ils soient en relation avec le remaniement ministériel annoncé ou en relation avec les futures échéances électorales, ne sont pas prêts de s’estomper, puisque chaque jour apporte de nouveaux éléments en la matière.
Par ailleurs il y a d’autres facteurs à prendre en considération.
Certains pensent plutôt à l’intérêt de leur part que celui de leur patri. Ceux là ne veulent pas s’impliquer avec la Troïka maintenant et cherchent à préserver leurs chances en vue des futures élections qu’ils jugent pour bientôt et c’est pourquoi ils refuseraient certaines propositions par ci et par là.
D’autres sauteraient sur la moindre occasion, se disant que cette situation transitoire pourrait éventuellement durer bien plus qu’on ne le pense et que par conséquent ils auraient gagné au change.
Maintenant tout est de savoir ce qu’on appelle gagner, si c’est pour servir le pays en ‘son âme et conscience’ sur une période plus longue c’est tant mieux, le cas échéant, ce serait évident que les motivations pécuniaire ou positionnelle soient la principale cause.
Cependant et puisque tous les Tunisiens sont concernés de près ou de loin, directement ou indirectement, par ce qui se passe sur le plan politique, il est tout à fait légitime de se poser des questions quant aux vraies motivations de ces « politiques ».
Il est vrai que bon nombre d’entre eux cherchent à préserver l’intérêt de la Tunisie avant toute autre considération (du moins c’est qu’ils n’arrêtent pas de souligner à travers leurs innombrables interventions), il n’en demeure pas moins que d’autres sont prêts à tous les stratagèmes dans le seul but d’arriver au pouvoir afin de se servir des deniers de l’Etat à leurs propres façons.
Le danger qui plane sur notre chère Tunisie dans ce climat compliqué et complexe est justement d’être pris, en tant que peuple, à contre-pied par des politiciens malintentionnés. Démasquer ces opportunistes qui ne connaissent pas ce que veut dire ‘bonne foi’ sera, alors une chose primordiale.
Il en va de l’avenir du pays et de sa stabilité.
Toutefois, quoi qu’il arrive, le paysage politique connaîtra de nombreux autres changements puisque la situation est transitoire et que pour arriver à trouver une certaine stabilité il faudra quelques années.
Dieu garde la Tunisie !
Slim Maâtoug
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