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De la révolution de la Dignité à l’escroquerie de l’Identité !

23 janvier 2014
in Chroniques
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Le  soulèvement populaire du 17 Décembre 2010  a été outrageusement confisqué, violé  et  déformé par ce mythe et cette imposture  révolutionnaire que les nouveaux nababs de la politique veulent bien nous imposer.

Le sang des martyrs  tombés pour la dignité, l’insurrection  des jeunes pour le travail et  le combat de millions de tunisiens pour la liberté n’auront servi qu’à la mise en place de cette  vulgaire propagande sur fond de revendications identitaires.

Destitué sans fracas et sans résistance, l’ancien régime s’est effondré comme un château de cartes laissant derrière lui ses legs d’Etat moderne et prospère mais aussi son lot d’injustice, de répression et de malversations. Avides de pouvoir et affamés par l’argent et les privilèges,  les nouveaux gouvernants légitimes ont été autistes aux vraies revendications du peuple. A force d’entêtement, de surdité et d’égoïsme, ils ont brisé le rêve de millions de tunisiens qui ne voient hélas dans cette révolution que cataclysme, horreur et misère.

Les jeunes qui ont affronté et défié sans armes  la police Benalienne ne se reconnaissent plus dans ces  discours politiques. Oubliés, exclus, abandonnés et trahis, les jeunes  dénoncent ce virage identitaire de leur soulèvement et ce hold-up idéologique de leurs revendications. La nouvelle bourgeoisie politique a tout volé et tout emporté : les rêves, les espoirs et les vies. La légitimité n’est un paravent immunitaire contre  ces vols caractérisés et la tentative de travestir les revendications de dignité en questions d’identité ne pourront jamais gommer l’ADN de ce soulèvement populaire.

Diviser  le peuple de façon binaire : le « nous » musulmans, ayatollahs de la morale, dépositaires des vertus et détenteurs de la vérité et de la volonté divine et le « vous » progressistes, démocrates, patriotes et donc apostâtes(Kouffars) ne fait qu’alimenter la haine, renforcer les clivages et justifier le refus de l’autre.  

Les jeunes se sentent trahis et humiliés par tant de désinvolture et d’irresponsabilité politique. Ils se sont soulevés contre la misère et pour  la dignité et les voilà victimes de Fatwas et de la tromperie d’identité. Les élus ont juré et les gouvernants se sont engagés solennellement devant Dieu et le peuple à répondre aux revendications de cette jeunesse, à êtres fidèles aux martyrs et à rompre avec les pratiques clientélistes et le favoritisme. Or rien de tout cela n’a été fait.

La misère s’est généralisée, les martyrs ont été oubliés, la jeunesse a été exclue,  la corruption s’est aggravée, la matraque a été remplacée par la chevrotine, le clientélisme a changé de mains et la dignité s’est travestie en identité.

C’est le casse du siècle et l’escroquerie la plus rentable de l’histoire moderne. Rafler le gros lot, déshériter les orphelins légitimes de la « révolution » et s’approprier tous les droits intellectuels et financiers d’une pièce théâtrale à laquelle ils n’ont même pas participé relève de la conspiration machiavélique.

C’est avec beaucoup d’amertume et de consternation que le peuple constate cette tromperie.  Démuni, il voulait du développement, du travail, du progrès et de la dignité et le voilà à la faveur de cette grande escroquerie intellectuelle gratifié de demandes pour la polygamie, le jihad nikah, l’islamisation comme s’il ne l’était pas, de circoncision de filles, de califat, de livre noir, de guillotines publiques et de chariaa.

Jalel JEDDI

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