
C’est affreux à avouer et honteux à se poser la question, mais sommes-nous prêts et assez matures pour une Démocratie ??? Méritons-nous autant de liberté ? Est-il permis de bafouer l’autorité de l’Etat au nom de la Liberté ? Sommes-nous dotés du sens du devoir civique ? Sommes-nous tolérants ?
Avons-nous la fibre nationaliste ? Pouvons-nous cohabiter harmonieusement malgré nos différences ? Sommes-nous faits pour vivre sous une dictature ?
Faut-il imposer le respect des lois et de l’ordre par la force ? Autant de questions qui interpellent le Tunisien qui constate hélas avec l’arrivée de cet ovni appelé Démocratie, l’expression de toutes les formes de l’anarchie, de la violence et d’atteinte à l’ordre public et dans les libertés individuelles et collectives, l’expression de la calomnie, de l’irresponsabilité, des dérives et du bafouage de l’autorité de l’ETAT.
Il est vrai que la transition fut brutale et qu’à la décharge du petit peuple habitué depuis des décennies au monologue politique , au paysage monochrome ,au cadenassage des libertés, au diktat du chef unique et à la peur et la crainte de l’autorité , passer à cet état d’impunité , cet arc en ciel de tribuns, ce florilège de discours divergents et contradictoires, cette confusion Droit–Obligation , cette marée soudaine de Libertés ,ce tsunami de calomnies , d’humiliations et d’atteintes à l’intégrité morale des gens , n’est pas aussi aisé et aussi facile à assimiler.
Deux ans après l’arrivée de cet ovni, notre peuple désœuvré et désorienté reste prisonnier de ses élites qui continuent à briller par leur incompétence criarde à expliquer les fondamentaux de la Démocratie ; Libertés, Devoirs, Suprématie des Lois et Autorité et à encadrer leurs troupes ,qui faute de discours responsable et cohérent et de vision claire pour le pays, sombrent dans des pratiques irresponsables qui nourrissent le dégoût et le déni de cet ovni et balisent le terrain à l’instauration d’une nouvelle dictature capable de restaurer l’autorité de l’Etat , la sécurité, le sens du devoir et le respect des lois.
Ça se voulait meilleur, mais ça ne l’est pas hélas. Hier chômeur, étudiant, employé, cadre, homme, femme, jeune, adulte ,instruit, inculte, pratiquant, non pratiquant, moderniste, conservateur, vivaient une relation fusionnelle et intense ,s’abreuvaient d’amour mutuel et étaient armés de la même volonté farouche contre la tyrannie et les voici à l’arrivée de cet ovni , déchirés ,désemparés ,divisés et déboussolés face à de leurs contradictions et à leur refus de l’autre .
La nouvelle page de l’histoire de la Tunisie est entachée de sang et nos élites, toutes tendances confondues, sont appelés à panser les blessures de ce petit peuple en désinfectant le climat social de toutes formes de violence et de guérir à jamais ce corps malade.
Des protocoles thérapeutiques sont nécessaires pour éradiquer cette métastase qui risque de s’envenimer et de faire sombrer ce petit peuple dans un état comateux nécessitant l’intervention urgente d’un Chirurgien Dictateur usant de soins drastiques et douloureux pour redonner vie à un corps malade.
Jalel Jeddi
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