Au Maroc, l’accès aux soins de santé est limité par une couverture médicale encore restreinte. Dès 2005, le gouvernement marocain s’était engagé dans des projets sociaux de grande envergure, tels que l’Initiative nationale de développement humain (INDH) et la création du RAMED (Régime d’assistance médicale). Malgré d’importants efforts pour améliorer l’accès aux soins, plus de la moitié de la population marocaine (51 %) ne bénéficie toujours pas de protection sociale. Aussi, les dépenses de santé représentent-elles encore un lourd fardeau pour les ménages marocains, qui les assument à hauteur de 53,6 %, s’exposant ainsi à un risque d’appauvrissement en cas de maladie. Sans compter que d’importantes disparités existent toujours en matière de couverture médicale, entre régions urbaines et rurales notamment.
La première phase du PARCOUM (2002-2008) avait permis de renforcer la couverture médicale de base de la population active du secteur formel. La seconde phase quant à elle visait à améliorer les conditions d’accès à des services de santé de qualité destinés aux populations économiquement démunies, par le biais du RAMED.
«Nous sommes heureux de soutenir le Gouvernement du Maroc dans sa progression vers la couverture maladie universelle. La vision de croissance inclusive du Maroc et ses efforts pour assurer l’accès à la santé aux plus pauvres doivent être salués», a souligné Agnès Soucat, Directrice du département du développement humain de la BAD.
Le PARCOUM III vient donc renforcer les initiatives engagées par le passé pour appuyer la mise en œuvre de la réforme de la couverture médicale de base. Il vise en particulier à offrir une protection sociale aux travailleurs indépendants qui, pour la plupart, ne bénéficient actuellement ni d’assurance maladie ni de sécurité sociale.
«Nous nous félicitons du niveau et de la qualité des relations de coopération entre le Maroc et la Banque Africaine de Développement pour l’appui précieux et constant qu’elle apporte au Maroc pour la mise en œuvre de réformes structurelles essentielles », a déclaré Mohamed Faraj Doukkali, ambassadeur du Royaume du Maroc à Tunis
Octroyé en deux tranches pour les années 2013 et 2014, le PARCOUM III permettra de conduire cinq grands chantiers : d’abord, atteindre une couverture de 93 % de la population cible par le RAMED ; ensuite, parvenir à intégrer progressivement certaines catégories sociales dans l’assurance maladie obligatoire (AMO), en visant au moins 200 000 affiliés supplémentaires, ainsi que l’établissement d’une vision stratégique à long terme pour la couverture des professions indépendantes. Le programme achevé, la disponibilité des services de qualité devrait en outre se voir améliorée. Autre réalisation importante : le projet permettra de rationaliser le recours aux soins, avec l’augmentation des populations couvertes qui disposeront d’un médecin de famille (40 % prévue en 2014 contre 21 % aujourd’hui). Enfin, le projet entend promouvoir la voix citoyenne et renforcer la redevabilité au Maroc, grâce à la mise en place d’un projet pilote qui permettra d’évaluer la perception de la qualité des soins par les usagers.
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