Le spectacle de la chanteuse française d’origine algérienne Indila (Adila Sedraïa, de son vrai nom) à Hammamet a connu un tel succès que les billets ont expiré quelques jours à l’avance et les spectateurs qui sont venus le soir-même pour y assister sont revenus bredouilles… mais pas pour longtemps pour la majorité d’entre eux.
En effet, hier soir, alors que le ministre de l’Intérieur Najem Gharssali passait du côté de la Maison méditerranéenne des arts et de la culture, lieu du festival, il remarqua un embouteillage monstre, (ce qui est de coutume dans la ville des jasmins), et un attroupement devant l’entrée.
Ayant appris que c’étaient des spectateurs n’ayant pas pu se procurer des billets, la capacité d’accueil des lieux ne pouvant dépasser les mille places (800 billets pour le public et 200 places entre partenaires, sponsors et journalistes), il semble que le ministre ait donné l’ordre de leur permettre l’entrée… gratis.
Une décision prise sur place pour des considérations sécuritaires, afin éviter tout risque de dérapage de la part des déçus, peut-être bien ! Mais y a-t-il eu coordination avec la ministre de la Culture ? Avec le directeur du festival ?
La capacité du théâtre de plein air étant limitée à ces mille places, peut-on assumer la responsabilité de dépasser cette capacité en faisant entrer des dizaines de jeunes surchauffés sans risques de mouvement de foule ?
Si la décision du ministre de l’intérieur a fait le bonheur des invités de dernière minute dont particulièrement des dizaines d’Algériens qui se trouvaient devant le théâtre, elle a ouvert la porte à de nombreuse spéculations et interprétations sur le rôle de chacun dans ce pays.
D’un autre côté, ce spectacle de la première chanteuse en France en 2014, a fait resurgir les tristes pratiques de l’époque noire de l’ancien régime qui sont en train de revenir progressivement lors des soirées à forte affluence de ce festival.
Avec ce retour honteux des traitements de faveur réservés aux membres des familles des gouvernants et des ministres qui voient les portes de la Maison méditerranéenne des arts et de la culture, lieu du festival, s’ouvrir devant leur voitures luxueuses pour éviter tous les barrages et les contrôles et entrer « gratos et motorisés » presque jusqu’aux places qui leur sont « réservées ».
Encore et toujours un favoritisme injuste et la politique de deux poids deux mesures entre le commun des Tunisiens et les «nantis», des pratiques que nous avons cru révolues, mais qui restent toujours de mise, qui ne font que pourrir le climat social et détruire l’image de certains politiques opportunistes qui ne ratent aucune occasion de se servir et de servir les leurs…
J.B.A.
Discussion about this post