
La HAICA serait-elle devenue un super ministère de la communication et ses membres seraient les nouveaux gendarmes de la liberté d’expression, de la libre entreprise et de la créativité ?
A la lecture des cahiers de charges pondus après deux années de gestation douloureuse, nous avons l’impression que la HAICA veut étendre ses droits et ses prérogatives. D’une autorité indépendante porteuse de stratégie pour réguler et développer l’audiovisuel tunisien, elle s’est muée en garde-fou de tout le paysage médiatique tunisien privé et public, détenant à elle seule toutes les clés et les serrures.
Ainsi outre son interventionnisme logique dans l’audiovisuel public par le biais des nominations de PDG et le contrôle de l’éthique, et son autorité de délivrer les licences pour les médias privés, la HAICA se positionne en organe de censure préalable puisque les télés et radios devront soumettre leurs programmes et leurs créations pour approbation avant toute diffusion.
Tous les acteurs du secteur, patrons de chaînes, journalistes, publicitaires, annonceurs et créateurs sont abasourdis par cet interventionnisme qui risque de mettre en péril les investissements dans le secteur, qui menace l’employabilité , qui limite la créativité et qui s’interfère dans le métier des annonceurs en limitant le choix de supports et la portée de messages publicitaires. Les juristes consultés à propos de ces cahiers de charges abondent dans le même sens et voient dans ces prérogatives l’arbitraire d’une autorité qui s’octroie tous les droits : légiférer, juger et sanctionner.
D’ailleurs, ils affirment tous que plusieurs articles de ces cahiers de charges sont inconstitutionnels et vont à l’encontre du droit sacré d’entreprendre et à la liberté fondamentale d’expression et de création.
Jalel JEDDI
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