La Tunisie a pris du retard plus exactement 2 mois de retard pour l’élaboration de la loi électorale. Le débat qu’il a suscité avant son adoption par le Conseil
de l’Instance et puis par le gouvernement ont pris beaucoup plus de temps que prévu.
Le constat est simple. trop peu de temps pour préparer convenablement les premières élections libres de l’histoire du pays prévues pour le 24 juillet 2011.
Dans un entretien accordé au journal La Presse il y a quelques semaines, M. Yadh Ben Achour, Président de l’Instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, l’a annoncé. «L’opération électorale devra être entourée de toutes les garanties nécessaires pour assurer sa totale réussite.
Cette opération est compliquée et exige une logistique à la fois lourde et coûteuse. De l’établissement des listes des électeurs à la proclamation des résultats, en passant par le découpage des circonscriptions électorales, les bureaux de vote, le choix et la formation du personnel en charge de ces élections…plusieurs étapes sont, en fait, indispensables et cela nécessitera beaucoup de temps et d’effort».
Les élections seront-elles alors repoussées ? «C’est très probable, d’autant plus que la commission supérieure indépendante qui sera chargée de l’organisation des élections n’est pas encore constituée. Demain lundi, nous procèderons au sein de l’Instance au choix de ses 16 membres parmi les 70 candidats présentés par les instances concernées». Et M. Ben Achour d’ajouter que octobre ou novembre seraient mieux indiqués pour le déroulement des élections.
A son tour M. Kamel Jendoubi, Président de la haute Instance pour les élections, vient de statuer sur la question.
Ce Monsieur, qui est à la tête d’une instance indépendante, a indiqué, dimanche, la proposition de son instance de reporter les élections au 16 octobre 2011.
M. Kamel Jendoubi, explique cette proposition par l’absence de conditions adéquates pour l’organisation des élections le 24 juillet comme prévu.
Il a indiqué que l’instance a proposé le report des élections de la constituante après s’être assurée de la difficulté de réunir les conditions nécessaires pour la réalisation du processus électoral garantissant l’organisation d’élections démocratiques, crédibles et transparentes avant le 24 juillet prochain.
Il a énuméré, à cet égard, un ensemble d’opérations techniques qui devraient être accomplies afin d’assurer la bonne préparation de ce rendez-vous électoral telles la mise en place d’un comité central de l’instance, un dispositif administratif, financier et technique ainsi que des sections régionales de l’instance.
Il s’agit aussi, a-t-il indiqué, d’identifier et d’aménager les centres d’inscription et la préparation de programmes de formation destinés aux cadres qui seront chargés de la supervision de l’opération électorale outre l’élaboration et la mise en oeuvre des campagnes d’information et de sensibilisation pour le démarrage de l’opération électorale.
Ces différentes opérations, a-t-il fait remarquer, nécessitent beaucoup de temps et que l’instance après de multiples concertations et consultations d’experts tunisiens et étrangers ainsi que l’examen des expériences de plusieurs pays dans ce domaine, a conclu que la date du 24 juillet, pour l’élection des membres de l’assemblée constituante, ne pouvait garantir l’organisation d’élections crédibles et démocratiques, conformément aux normes et règles fixées dans les décrets-lois N°27 et 35 de l’année 2011.
M. Kamel Jendoubi a insisté sur l’indépendance et la neutralité de l’instance supérieure indépendante des élections ainsi que son souci à ce que l’opération électorale se déroule dans la transparence et dans un climat démocratique.
Il a, par ailleurs, indiqué que la coordination avec l’administration est chose possible et qu’une réflexion est, actuellement, engagée en vue de la mise en place d’une cellule à cet effet.
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