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Dossier spécial: Qui bloque la production de gaz en Tunisie ?

14 septembre 2013
in Divers
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La Tunisie assure 55% de ses besoins en termes de production de gaz alors qu’elle importe les 45% restants, essentiellement de son voisin l’Algérie.

Parmi les sociétés productrices de gaz, Petrofac, qui est située sur l’archipel de Kerkennah, du gouvernorat de Sfax, et qui assure à elle seule 10% de la production nationale.

Petrofac dispose actuellement de 3 puits de gaz qui sont en pleine exploitation. Il faut savoir qu’un pipe-line achemine la matière brute à partir du puits en question jusqu’à l’usine qui se trouve également sur l’archipel de Kerkennah. Cette matière brute (à l’état naturel) est alors traitée puis acheminée sur le continent.

Une partie de cette production couvre les besoins de tout le gouvernorat de Sfax ainsi que de la majeure partie du sud tunisien.

Il se trouve que depuis quelque temps, Petrofac a découvert l’existence de 2 autres puits de gaz. Cette découverte permettra l’augmentation de la production propre du pays en termes de gaz de 10 à 15%. C’est dire tout l’intérêt de cette découverte de taille…

Pour que ces puits puissent entrer en exploitation et pour que cette production puisse être effective, il faut l’installation de 2 nouveaux pipe-lines, d’une longueur de 2 kilomètres chacun, pour acheminer, comme à l’accoutumée, la matière brute à l’usine, où elle sera traitée.

Pour ce faire, il faut bien évidemment que ces pipe-lines parcourent des terres. Sauf que là problème… ! Et pour cause !

La situation foncière à Kerkennah est des plus compliquées en Tunisie, car les terres, sur l’archipel ne possèdent pas de titre foncier pour la plupart (titre bleu), et que par conséquent le droit de propriété est très difficilement prouvé.

Du coup cette situation laisse la porte ouverte à bon nombre d’opportunistes et même de « bandits » de s’auto-approprier des terres sans aucun droit et sans aucune légitimité.

A qui appartiennent réellement les terres de Kerkennah ?

L’une des familles, qui revendique le droit de propriété de l’une de ces terres a justement exigé un droit de passage du pipe-line de 60.000 dinars mensuellement et que sinon ce dernier ne verra pas le jour.

C’est décidément l’anarchie et la loi du plus fort… ! Dans ce sens, il faut préciser que  cette terre est d’une longueur de 300 mètres, soit 200 dinars la location du mètre (linéaire)/ mois.

Par ailleurs, il faut aussi noter que les autorités régionales ou plutôt locales, situées à Kerkennah au lieu de penser à l’intérêt national ont toujours fait du populisme en appelant les dirigeants de la société Petrofac à embaucher des dizaines d’ouvriers parmi les jeunes de la région pour les besoins du chantier entrepris, alors qu’il faut juste une vingtaine d’ouvriers que la société a déjà engagés. C’est dire que des « ouvriers » pointent et perçoivent des salaires, sans rien faire… la loi de la jungle quoi… !

Face à cette situation, il semble que les hauts responsables de la société ont fait le déplacement à Tunis et se sont réunis pour essayer de trouver une solution à cette situation d’impasse et de crise mais également pour se concerter autour de la question.

L’un des dirigeants étrangers s’est même semble t’il révolté face à cette situation invraisemblable et s’est écrié « ce n’est plus un Etat !!! ».

Le plus grand danger dans toute cette histoire c’est que Petrofac est beaucoup plus une société tunisienne qu’étrangère. Voici un petit aperçu de la situation pour essayer de comprendre tous les intérêts de cette affaire…

L’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activité Pétrolière), possède 55% du capital de la société Petrofac. Sur les 45% restants, Petrofac paie pas moins de 50% d’impôts à l’Etat tunisien et 15% de redevances qui reviennent de droit également à l’Etat.

En somme, près de 80% des bénéfices réalisés par la société reviennent de droit à l’Etat tunisien à travers ses diverses structures pour la bagatelle de 160 milliards de nos millimes par an.

Partir et tout laisser tomber !?

Il faut savoir qu’une envie de tout laisser tomber s’empare de plus en plus des investisseurs et dirigeants étrangers de la société qui se heurtent à chaque fois à de nouveaux problèmes… Il faut dire que dans plusieurs articles précédents, on n’a cessé de relayer les difficultés que ces dirigeants rencontrent pour faire tourner l’une des affaires les plus juteuses dans nos murs.

Le fait d’avoir contribué au développement de l’archipel et le fait d’avoir assisté, sur tous les plans, les habitants de Kerkennah, n’a pas empêché certains d’entre eux de leur tourner le dos à chaque fois qu’ils le jugent nécessaire pour gratter encore plus de sous, finalement sur le dos de l’Etat dans le désordre le plus absolu…

C’est vraiment révoltant, lorsque l’on sait qu’il y va de l’intérêt national et que désormais sa production propre en gaz pourra atteindre les 60%, chose qui pèsera lourdement (mais dans le bon sens) sur les balances économiques du pays… Et le problème est qu’une poignée de personnes s’en fout royalement… !

Lorsque l’on sait que Petrofac peut définitivement mettre la clé sous la porte à cause de ces agissements répétés et inacceptables, et que des régions entières peuvent être privées de cette matière première essentielle pour la vie et la survie des citoyens… on ne peut que s’en indigner…

Sur un autre plan, il faut savoir que les autorités compétentes, malgré parfois beaucoup de bonne volonté, croisent souvent les bras et laissent faire de peur des réactions des « bandits » et des opportunistes, devant la stupéfaction des responsables de la société…

Quel drôle de pays, quelle drôle de révolution et quelle drôle de façon de faire les choses… !   

Slim Maâtoug


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