Le groupe parlementaire de Nidaa Tounes tient, samedi et dimanche à Hammamet, une réunion qui s’annonce cruciale. Au menu, trois points importants, le choix du candidat au poste de chef de gouvernement, le règlement intérieur de l’Assemblée des Représentants du Peuple et enfin l’avenir du parti.
Quand on sait le désaccord sur le premier point et qui divise le parti, on comprend bien que les débats seront chauds et que la réunion risque de ne pas déboucher sur un accord. Déjà, le président du groupe Fadhel Ben Omrane avait annoncé l’alignement sur la thèse d’un chef de gouvernement indépendant, alors que le bureau exécutif du parti plaide pour un candidat issu de ses rangs. Même dans l’entourage du nouveau Président de la République Béji Caid Essebsi qui, pourtant, vient de démissionner de la présidence du parti, les voix de ses conseillers ne concordent pas. Mohsen Marzouk, fraichement, nommé conseiller politique adhère à l’idée d’un chef de gouvernement indépendant alors que le conseiller juridique Rafaa Ben Achour est pour un candidat « nidaiste ».
Le second point ne devrait pas diviser les participants puisque l’un des leur préside la commission du règlement intérieur qui a, pratiquement, terminé ses travaux. Par contre l’avenir du parti et les préparatifs du prochain congrès prévu avant juin prochain, est en jeu. Après le départ du chef incontesté, plusieurs voix se font entendre pour critiquer tel ou tel choix, pour proposer, s’opposer et menacer. Comment alors éviter l’implosion et ressouder les rangs du premier parti du pays face aux manœuvres de plusieurs de ses membres? Le nouveau président par intérim Mohamed Ennaceur, connu pour son sens de dialogue et du consensus, saura-t-il ressouder les rangs et remettre le parti sur la bonne voix ?