
La justice égyptienne a prononcé vingt et une condamnations à la peine capitale, samedi, à l’encontre de personnes accusées de meurtre après les violences dans le stade de football de Port-Saïd qui avaient fait 74 morts en février dernier.
Le verdict du tribunal de la banlieue du Caire a déclenché un déferlement de violence à Port-Saïd, causant la mort de deux policiers. Le juge a lu une liste de 21 noms de personnes ayant été « adressées au grand mufti », autrement dit condamnées à mort, dans la mesure où la peine capitale est examinée en Egypte par la plus haute instance religieuse du pays.
Au total, 73 personnes sont accusées de meurtre avec préméditation après les violences du 1er février 2012, la pire tragédie de l’histoire du football égyptien. Le verdict concernant les autres accusés sera annoncé le 9 mars, a déclaré le juge.
La plupart des victimes de Port-Saïd ont succombé à une bousculade apparemment provoquée par des affrontements entre supporters à l’issue d’un match entre l’équipe locale et celle d’Al Ahly du Caire, dont les « Ultras » ont joué un rôle important pendant le soulèvement qui a mené à la chute du président Hosni Moubarak en 2011. La majorité des victimes étaient des supporters du club d’Al Ahly.
NOUVELLES VIOLENCES
Les supporters caïrotes ont accusé le ministère de l’Intérieur d’avoir orchestré les incidents pour se venger. Le rapport d’une commission d’enquête parlementaire a renvoyé dos-à-dos les « Ultras » et les insuffisances des services de sécurité, dont le chef a été limogé.
La décision de la justice égyptienne intervient au lendemain d’une vague de violences dans le pays, à l’occasion du deuxième anniversaire de la « révolution du Nil ». Au moins neuf personnes ont été tuées dont huit à Suez lors d’une fusillade, et plus de 456 autres blessés.
A l’annonce du verdict, deux policiers ont été tués par balles devant la prison de Port-Saïd, où sont enfermés les accusés des violences du stade de football, après un rassemblement de manifestants sur les lieux, selon une source des services de sécurité.
Les manifestants protestaient contre le fait que leur ville soit tenue pour responsable des décès des 74 supporters. Beaucoup ont laissé libre cours à la violence dans les rues de la ville. Un témoin a dit avoir vu certains saccager un commissariat de police.
Au Caire, les supporters de football et leurs familles ont au contraire salué la décision de la justice. « Dieu est le plus grand », a-t-on entendu dans l’enceinte du tribunal, à l’annonce du verdict. Les familles des victimes ont applaudi et certains ont pleuré d’émotion. (Reuters)
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