
Il convient de reconnaître que l’impact de la Révolution Tunisienne, d’apparence spontanée mais magistralement orchestrée et pilotée par des bienfaiteurs venus d’ailleurs, est nuancé du fait de la gravité des conditions sociales, de la cherté de la vie, de l’insécurité qui règne et du niveau des débats publics qui appellent plus à la division qu’à l’unité du pays et du peuple meurtri et qui a cru à cette révolution en rêvant de lendemains ensoleillés.
Une révolution pour la dignité et dont les objectifs annoncés sont l’amélioration des conditions de vie et un meilleur partage des richesses qui se transforme en révolution politique avec des antagonismes idéologiques.
Promue au rang des valeurs fondamentales, le débat idéologique et politique monopolise l’espace public des élites face à une banalisation des revendications et des préoccupations sociales et économiques.
Malicieusement et avec perversité machiavélique, nos politiques pour enfouir l’élan d’un peuple en marche lui ont subtilisé ses efforts et ont rebaptisé sa révolution de la Dignité en Révolution des Idéologies et s’ensuivirent des débats interminables et stériles, des discussions bizantines et des combats de coqs sur des questions tels que le niqab, la charia, les prérogatives, le régime politique, le petit Destour , la liberté de la presse,…
Un débat qui n’a pas servi et qui ne sert pas la Révolution que nous célébrons mais qui sert une élite et des partis politiques plus préoccupés par leur parcours et leurs intérêts partisans que par l’intérêt du pays et les préoccupations d’un peuple qui souffre.
Doit-on célébrer une révolution qui ignore ses Martyrs, délaisse ses blessés, qui prône la haine à la place de l’amour, la violence à la paix, la division à l’unité. Une révolution qui consacre l’incompétence, qui glorifie les abus, qui bannit le mérite et qui appauvrit ses auteurs.
Si la révolution n’est pas contestée, ses conséquences le sont et le peuple s’accommode très mal de cette situation empirique, de l’hostilité, de l’ingratitude et du déni de toute une classe politique qui ne doit son émergence, sa résurrection, sa nouvelle aura et ses privilèges qu’au sang et la vie de 10 millions de Tunisiens.
A l’heure du bilan et au moment où s’achèvera l’inventaire de cette révolution, nous saurons si on doit célébrer ou pleurer cette REVOLUTION, est- elle génératrice de progrès et de modernité irréversibles ou de transfigurations obscurantiste et violente, qui l’a servi et qui s’en est servi, ce que nous avons gagné et ce que nous avons perdu, qui a profité et qui s’est sacrifié, qui est resté fidèle et qui l’a trompée.
Jalel JEDDI
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