La journaliste Marie Desnos qui a catalogué Laarayedh comme appartenant à l’aile dur, a estimé par ailleurs que sa tâche sera des plus délicates.
Elle a ajouté que : « Cet homme de 57 ans vient d’être nommé Premier ministre d’une Tunisie en pleine tempête. Depuis l’assassinat de l’opposant laïc Chokri Belaïd, le 6 février, les Tunisiens vivent en effet une sorte de deuxième «Révolution du Jasmin», déçus de constater que les promesses du soulèvement de 2011 n’ont pas été tenues. Le relent de colère du peuple est tel que le chef du gouvernement Hamadi Jebali, a démissionné mardi. Le président tunisien, Moncef Marzouki, président du Congrès pour la république (CPR), et le président du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi –dont Laarayedh est aussi issu-, se sont mis d’accord sur la personne du ministre de l’Intérieur sortant. Il dispose de 15 jours maximum pour présenter son gouvernement et son programme au président de la République. Entre-temps, le gouvernement démissionnaire est chargé de la gestion des affaires courantes. Ali Laarayedh a promis de former une coalition pour «tous les Tunisiens et Tunisiennes». Mais ce choix est néanmoins d’ores et déjà controversé. »
L’article a aussi indiqué : « Pour sa décharge, Laarayedh était déjà arrivé au ministère de l’Intérieur dans un contexte sécuritaire peu favorable, en décembre 2011 -à la suite des élections du 23 octobre. Avant cela, le quinquagénaire est surtout connu pour avoir dirigé Ennahada de 1988 à décembre 1990, date de son arrestation –il sera condamné par un tribunal militaire en 1992. Ce natif de Médenine, qui a une formation d’ingénieur de la Marine marchande, a par ailleurs été président du Conseil de la Choura de 1982 à 1986.
..Seule bonne nouvelle pour le nouveau Premier ministre: le CPR, qui avait quitté le gouvernement qu’il formait aux côtés d’Ennahda (majoritaire) et du parti laïque Ettakatol, le 10 janvier dernier, s’est dit favorable à une nouvelle coalition avec les islamistes. Rached Ghannouchi est du même avis. «Tout gouvernement stable en Tunisie a besoin d’une coalition modérée composée d’islamistes et de laïcs», avait-il déclaré à l’annonce de la démission de Jebali…… »
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