
Au sortir de cette révolution pacifique, fêtée et saluée, la réalité s’avère épineuse et violente et le soleil qui a tant brillé sur le Printemps Arabe se transforme en hiver rude et glacial tellement la situation est explosive et chaotique.
Le peuple qui a rêvé de lendemains enchanteurs se réveille sur un scénario cauchemardesque écrit à l’encre de la violence ,de la précarité et de la division , mis en scène par une crise politique et morale sans précédent et joué par des acteurs égoïstes , carriéristes et hantés par des intérêts partisans.
C’est n’est guère la trame romanesque qui a causé le fiasco de cette belle comédie d’amour et l’a transformé en abominable film d’horreur mais le jeu de ces acteurs suffisants, aigris et hautains qui est responsable de ce désastre et du dégoût et du désarroi de millions de spectateurs qui ont chèrement payé leur place et j’accuse :
-Le Gouvernement qui noyé dans ses contradictions idéologiques, dépourvu de stratégie , n’arrive pas à avoir une ligne directrice claire et une stratégie d’avenir pour sortir le pays de ce chaos. Quand l’allégeance remplace compétence et la rétribution supplée le mérite, la faillite est annoncée et sans appel
-L’Opposition qui n’arrive pas à s’affranchir de ses anciens réflexes et qui faute de programmes clairs, de propositions concrètes, d’alternatives viables, tente d’accaparer le terrain émotionnel et qui relègue le débat d’idées à une opposition frontale des hommes.
-Les Médias qui dans une course effrénée à l’audience et à vouloir créer le buzz jouent sur l’émotionnel en suscitant la polémique et en nourrissant la haine et afin de se racheter une nouvelle virginité intellectuelle s’inventent une posture de donneurs de leçons et de dépositaires des vertus démocratiques pour calomnier , diffamer et discréditer leurs adversaires politiques.
– L’UGTT qui fait de la surenchère politique pour gommer son passé complaisant et complice et qui se sert des revendications sociales comme moyen de pression et de marchandage pour aspirer à jouer le rôle principal.
– La Société Civile qui au lieu d’incarner le rôle de catalyseur et de vivier de compétence se bourbe dans des débats identitaires stériles .Elle revendique la tolérance et prône l’exclusion et le déni de tout discours contraire.
– Les Prédicateurs importés qui se sentent investis d’une nouvelle mission : islamisation de la société tunisienne par la force et la violence et qui au lieu de prôner l’amour et le pardon appellent à la haine et à la division.
– Les Imams et Oulémas Tunisiens qui forts de l’héritage de la Zitouna doivent s’impliquer d’avantage pour démontrer notre enracinement identitaire arabo musulman et inculquer nos valeurs de tolérance et d’acceptation de l’autre.
– Les Ligues de Protection de la Révolution qui tels des mercenaires à la solde de leurs bienfaiteurs sèment la terreur contre une pognée de Dinars. Des délinquants sans envergure et au passé trouble qui s’autoproclament défenseurs des valeurs.
Le néant nous guette et le rideau risque de tomber sans que le film ait connue son épilogue heureux et les 10 millions de spectateurs supplient et implorent les honnêtes hommes ,responsables et patriotes à sauver cette création originale , à la sortir de ce tunnel sombre et noir et lui offrir un vrai Printemps Tunisien ensoleillé avec ses fleurs d’amour, son jasmin de l’espoir, et ses rosiers de l’unisson .
Jalel Jeddi
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