
Le rappeur tunisien Weld el 15, de son vrai nom Ala Yacoubi, a rappelé sur FRANCE 24, vendredi 14 février, la difficulté d’exercer librement le métier d’artiste en Tunisie. Invité du journal de la culture, le rappeur tunisien condamné à plusieurs reprises pour « outrage à la police », est revenu sur la précarité des rappeurs.
« J’ai passé plusieurs jours en prison parce que mes paroles choquaient », a-t-il lancé. En cause, les textes de ses chansons, notamment, celle intitulée « Boulicia Kleb » dans laquelle il dénonce la violence policière et les déceptions post-Révolution. Il est condamné le 5 juin pour « outrage » puis libéré au début du mois de juillet.
L’artiste dénonce aujourd’hui un « acharnement judiciaire » à l’encontre des rappeurs dont le langage cru déplaît aux autorités. « Le rap est un style de musique trop direct pour eux. C’est très différent des discours politiques, c’est sûr. C’est pour ça qu’on gêne. Je ne suis pas le seul à avoir des problèmes », explique-t-il.
« Dans mes chansons, je raconte mon vécu, c’est tout. Je ne fais pas d’analyse. Mes paroles sont métaphoriques. Quand je dis que je veux égorger un policier comme on égorge un mouton , c’est évidemment une métaphore ! J’exprime juste ma colère ! », balayant ainsi l’accusation d’inciter les jeunes à la violence.
Regrette-t-il ses textes, que nenni; « Pourquoi devrai-je regretter ? Je n’ai pas volé ou braqué quelqu’un ? J’ai fait mon métier. Non je ne regrette rien », affirme-t-il, même s’il reconnaît parfois que tout ne fut pas simple. « Une fois, j’ai vraiment eu le moral bas, j’ai pensé à quitter le pays, à demander le statut de réfugié politique en France. Mais j’ai vite réalisé que je ne pouvais pas faire ça. Je ne pouvais pas abandonner mes frères. », lance-t-il
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