
Tous les Tunisiens savaient que les relations entre Ennahdha et le Président provisoire Moncef Marzouki, n’ont jamais été au beau fixe malgré les tentatives répétées de camoufler les discordes.
Mais rares ont été ceux qui pronostiquaient que Marzouki allait être le premier à lâcher ses alliés qui lui ont permis d’accéder à la Présidence.
Néanmoins le discours du vendredi 30 novembre 2012 en réaction aux événements de Siliana, est venu prouver que Marzouki a choisit son camp.
En critiquant le gouvernement, l’Assemblée Nationale Constituante, la police ; en appelant à un gouvernement de compétences nationales et en saluant le rôle de l’UGTT et de la société civile, Marzouki semble s’être détaché de la Troïka et surtout de sa ligne de conduite.
Ses positions ont eu l’effet d’un tremblement de terre surtout du côté d’Ennahdha où on a considéré cette désolidarisation en cette période très critique, comme une « traitrise » de la part d’un Président qui n’aurait probablement jamais accédé à ce poste sans l’appui du Parti islamique.
Du côté de Montplaisir, certaines voies se sont élevées pour dénoncer ces manœuvres de la part du Président provisoire qui s’est servi de son alliance avec Ennadha et Ettakatol pour réaliser son rêve, avant de « leur tourner le dos lors de cette crise, pour entamer très tôt sa campagne électoral, en préparant dés à présent ses futurs alliances ».
Les déceptions remarquables du côté d’Ennahdah et d’Ettakatol se seraient aussi faites ressentir chez certains CPRistes proches d’Ennahdha ou attachés à la Troïka qui n’ont pas compris « comment Marzouki a pris sa décision de se désolidariser de ses alliés pour prôner les demandes de l’opposition ».
Ainsi donc au moment où le pays le pays, qui se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, a plus que jamais besoin de consensus entre les forces nationales, même la Troïka est sur le point de s’éclater.
KBM
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