
Rarement, nous n’avons vu déferler pareil langage de charretier à l’encontre d’un président en exercice de la part de ses propres compatriotes. Venu en visite privée à Paris dans le cadre de la promotion de son livre intitulé «L’invention d’une démocratie », le président Marzouki a eu droit à un accueil très mouvementé, pour ne pas dire « violent », verbal cela s’entend.
Raillé, malmené, insulté de toutes parts, le président Marzouki n’oubliera pas de sitôt cette visite. Des activistes du mouvement Femen et plusieurs dizaines d’opposants tunisiens sur place ont perturbé l’événement et même interrompu le début de la conférence que le président allait donner à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.
Trois femmes, seins en l’air, du mouvement féministe Femen ont momentanément interrompu la conférence que Marzouki donnait à l’Institut du monde arabe à Paris, aux cris de « Liberez Amina », en référence à la première Femen tunisienne de 19 ans qui serait séquestrée par sa famille depuis qu’elle a osé diffuser sur la Toile des photos d’elle seins nus.
Les trois femmes ont été expulsées manu militari après s’être précipitées l’une après l’autre sur le directeur de l’IMA, l’ancien ministre Jack Lang, qui souhaitait la bienvenue à M. Marzouki.
Au-delà de cette méthode désormais assez connue des Femen, ce qui étonne par dessus tout c’est le manque de respect et la violence des propos émanant de nos compatriotes établis en France.
Tapis à l’extérieur de l’IMA et tenus à près de 200 mètres de l’IMA par les forces de l’ordre, plusieurs dizaines de Tunisiens ont manifesté contre le président où ont fusé toutes sortes de noms d’oiseaux indignes d’un citoyen vers son président.
Les opposants, dont des représentants des partis ont même détourné le titre de l’ouvrage sur des pancartes dénonçant « l’assassinat d’une démocratie » ou « l’invention d’une atteinte aux droits humains ». « Qui a tué Chokri Belaïd? », s’interrogeaient-ils aussi en référence à l’assassinat de l’opposant laïc à Tunis le 6 février dernier.
Pire encore, sur une autre pancarte, le président fut comparé à Robespierre, symbole de la tyrannie après la chute de la monarchie en 1789.Une autre pancarte scande; « Cet idiot n’est pas mon président »
On peut ne pas être d’accord avec un président, on a le droit de s’opposer à sa politique et à ses choix, mais le bon sens aurait pu amener aussi à savoir raison garder, car Marzouki symbolise l’Etat tunisien.
De notre correspondant permanent à Paris: Badredine Tnani
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