
La Russie envoie un navire de reconnaissance en Méditerranée orientale, rapporte lundi l’agence de presse Interfax, alors que les Etats-Unis se préparent à une possible intervention militaire en Syrie.
Le « Priazovié » a quitté dimanche soir la base navale russe de Sébastopol, sur les rives de la mer Noire en Crimée, pour une mission de « collecte d’informations dans le secteur du conflit en pleine escalade », ajoute l’agence, en citant une source militaire.
Le ministère russe de la Défense s’est refusé à toute déclaration à ce sujet lundi. D’après Interfax, le « Priazovié » opérera indépendamment de l’unité maritime russe déjà stationnée en Méditerranée.
La semaine dernière, le ministère de la Défense avait annoncé que de nouveaux bâtiments étaient en cours de déploiement en Méditerranée dans le cadre de la rotation de ses navires assurant une présence maritime permanente de la Russie dans cette zone.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait alors déclaré que la Russie n’avait aucune intention de se laisser entraîner dans un conflit au sujet de la Syrie.
La Russie, alliée au régime syrien de Bachar al Assad, dispose d’installations navales dans le port syrien de Tartous. Moscou s’oppose à toute intervention militaire contre le pouvoir syrien et, avec la Chine, a empêché depuis le début de l’insurrection contre le régime Assad l’adoption de plusieurs résolutions condamnant Damas au Conseil de sécurité de l’Onu.
LES RUSSES PAS CONVAINCUS
Accusant le régime de Bachar al Assad d’une attaque chimique meurtrière le 21 août dans les environs de Damas, les Etats-Unis ont renforcé leur présence navale en Méditerranée, en préparation d’une intervention contre la Syrie soumise à un feu vert préalable du Congrès américain.
La Russie a répété lundi que les Etats-Unis ne lui avaient pas présenté de preuves à l’appui de leurs accusations et que l’attaque chimique pourrait avoir été commise par les rebelles eux-mêmes afin de provoquer une intervention extérieure.
Sergueï Lavrov a dit que la Russie n’était toujours pas convaincue après une rencontre entre un haut diplomate russe et l’ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, Michael McFaul.
Les éléments présentés aux Russes par les Américains « ne contenaient rien de concret : aucune coordonnée géographique, aucun nom, aucune preuve que des échantillons avaient été prélevés de manière professionnelle », a dit le chef de la diplomatie russe devant des étudiants et du personnel de la principale école de relations internationales de Russie.
« Ce que nos collègues américains et les Britanniques et les Français nous ont montré précédemment et récemment ne nous convainc absolument pas », a-t-il insisté, selon l’agence de presse RIA.
Se faisant l’écho des propos tenus au cours du week-end par le président Vladimir Poutine, il a poursuivi : « Il n’y a aucun fait dans tout ça (…) et quand nous leur demandons des éléments plus précis, ils disent ‘vous savez, tout cela est secret donc nous ne pouvons pas vous le montrer’. Cela signifie que ces faits n’existent pas. »
Sergueï Lavrov a défendu la position de la Russie et de la Chine à l’Onu en soulignant que ces deux pays « s’opposent aux tentatives de recourir à la rhétorique de l’ultimatum ».
Reuters
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