
Samedi dernier, le dialogue national a connu sa première séance ! Une première séance aux forceps si ‘l’on peut dire puisque la situation était très tendue à cause de la signature de la fameuse signature de la feuille de route proposée par le quartette.
La feuille de route signée, certes, mais ce n’est pas pour autant que la situation va se débloquer, tant les deux camps, gouvernement d’une part et opposition de l’autre, campent sur leur position.
En effet le mouvement Ennahdha n’a pas émis de réserves quant à la démission du gouvernement mais à une condition que celui-ci soit indépendant. Jusque là tout semble bien fonctionner.
Pour que le gouvernement puisse entrer en activité, il faut qu’il bénéficie de la confiance de l’Assemblée Nationale Constituante. L’opposition veut que 51% des voix au sein de l’Assemblée puisse permettre au gouvernement de passer et que, par contre, pour le destituer, il faudrait obtenir les deux tiers des voix au sein de l’hémicycle.
Bien évidemment cette proposition n’a pas été retenue par Ennahdha qui veut que ce soit le même taux des voix pour la mise en place du nouveau gouvernement que pour sa destitution.
Dans ce sens il faut noter que partout dans le monde ça se passe ainsi, et que l’exigence de certaines parties de l’opposition va à l’encontre de la logique…
Ce qu’il faut savoir, c’est que Ennahdha craint que ce futur gouvernement puisse « se rebeller » et il lui sera très difficile, voire impossible de le destituer et que ce dernier pourrait dans le cadre de ses prérogatives dissoudre l’ANC… imaginez la situation…
Le gros souci c’est qu’aujourd’hui, il existe une crise de confiance et de méfiance entre les différents acteurs de la scène politique en Tunisie et c’est le pire des maux…
Par ailleurs, il existe, aussi certains noms sur lesquels il n’y a pas encore eu d’accord et le blocage persistera très certainement à ce niveau, aussi. En effet l’opposition a avancé les noms de Abdelkarim Zibidi et celui de Habib Essid, deux anciens ministres ainsi que celui de Wided Bouchammaoui, patronne des patrons.
Ennahdha voit les choses autrement et veut que ce soit des technocrates au vrai sens du terme et qu’il soit indépendant de tout parti politique. Il semblerait même qu’un ou deux noms du gouvernement actuel, puisse être reconduits…
Affaire à suivre…
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