
Les négociations pour la répartition des fonctions au sein du futur gouvernement de la Tunisie démocratique semblent s’éterniser. Depuis plusieurs jours, des informations contradictoires circulaient ici et là notamment en ce qui concerne la fonction président de la république.
Les projecteurs sont tous braqués donc sur les trois leaders de la majorité, à savoir MM. Hamadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar. Si M. Jebali est assuré d’être le futur chef du gouvernement, MM. Marzouki et Ben Jaafar se disputent la présidence de la république. Toutefois, les dernières déclarations des uns et des autres ont donné plus d’éléments sur les trois présidences.
Durant les deux semaines qui viennent de passer, ces messieurs ont occupé le devant de la scène médiatique, maintenant un suspens qui devient inquiétant d’autant plus que certaines voix s’élèvent pour critiquer ces tractations tripartites en se posant la question de la légitimité de ces 3 partis à nommer un Président de la République !
La lenteur des négociations révèlent toute la fragilité de cette alliance au pouvoir entre deux partis de gauche et Ennahdha. En attendant une décision finale, le pays est à l’arrêt et une certaine impatience avait commencé à gagner les citoyens.
Comme si cela ne suffisait pas, un fait nettement plus grave a retenu l’attention, sans que la classe politique tunisienne fasse le moindre commentaire. C’est sans doute l’acte de rébellion le plus grave contre une décision de justice (dite indépendante) prise après la révolution.
M. Abid Briki, porte-parole de l’UGTT, promet de semer le chaos dans le pays si l’interdiction de voyager visant Abdessalem Jrad, secrétaire général de la centrale syndicale, n’est pas levée. L’interdiction sera levée le lendemain. Le syndicalisme est devenu donc l’otage de voyous compromis avec la dictature jusqu’au cou.
Et la tension est montée d’un cran après la plainte déposée, en sa qualité d’avocat, par M. Abderraouf Ayadi (qui est aussi secrétaire général adjoint du CPR). Les accusations fusent entre l’UGTT via Abid Briki et CPR concernant les manifestations hostiles contre l’organisation syndicale. L’UGTT a décidé en réponse à cette plainte de se mobiliser contre l’octroi de la présidence de la république.
Alors où va la Tunisie ? Ennahdha se voulait rassurante sur sa future gestion des affaires du pays et sa capacité à améliorer le quotidien des tunisiens, mais il semblerait que les difficultés soient plus nombreuses que prévu…
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