
Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) pèse de tout son poids sur les élections municipales en étant présent dans toutes les circonscriptions électorales et où il a raflé le maximum des 75% de sièges que lui autorise le code électoral et ce dans la quasi-totalité des conseils municipaux.
Avec 14 à 43 listes, 5 autres partis de l'opposition auront à se partager les 25% restants, alors que le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDLT) et le mouvement "Ettajdid", ont préféré s'y engager par le biais des "indépendants".
Parallèlement à ce scrutin et à la campagne électorale qui a débuté le 2 mai 2010 pour les six partis en lice, une nouvelle formation, qui a opté pour la couleur "Orange", est entrée aussi en campagne.
Pendant que les médias publiques se consacraient quasi-exclusivement aux municipales, le parti Orange faisait à son tour une campagne dans le but de rassembler et de fédérer un maximum d'électeurs (de consommateurs) autour de son programme et de ses services.
Rares sont les fois où le Grand Tunis a été autant décoré par une seule et même couleur. Les chaînes de télé passent en boucle la campagne alors que les journaux, les réseaux sociaux, les experts et autres moins experts ont donné et donnent encore leur avis sur les promesses faites par les responsables de ce nouveau venu.
Vous l'auriez certainement compris, il s'agit d'Orange Tunisie, un parti apolitique ou plutôt un nouvel opérateur Télécom qui vient de lancer ses activités en Tunisie.
Un Ras de marée "Orange" a envahi nos avenues, mais aussi notre télé, nos journaux et notre web. Cette campagne à 360° ainsi que le nombre d'articles et de commentaires publiés en rapport avec Orange et ses différentes offres est tout simplement phénoménal. En effet, Orange a non seulement mis le paquet pour son lancement mais a aussi réussi à susciter l'intérêt des tunisiens à travers le lancement de nouveaux services jamais proposés auparavant.
Cette campagne, à coup de millions de dinars, ainsi que les services et les promos proposés seront appelés à se renouveler à terme par d'autres campagnes et un élargissement de la gamme de services afin de faire face à la concurrence et essayer ainsi de grignoter des parts de marché.
D'un autre côté, à l'occasion des municipales, le RCD (parti au pouvoir) arrive à gagner facilement les élections, dans toutes les circonscriptions, avec des taux supérieurs à 70% sans avoir à perdre des plumes dans la bataille.
Contrairement au domaine économique, le paysage politique tunisien souffre de l'absence quasi-totale de la concurrence. Une concurrence ou plus exactement une opposition qui, dans la majorité des cas, peine à se défaire de ses liens historiques avec le parti déstourien. Une opposition qui ne dispose pas de stratégie claire. Et parfois une opposition qui se limite à critiquer et à boycotter au lieu d'agir.
Bref, en l'absence de réels challengers lors des élections municipales, le RCD a quand même été mis, pour une fois , à rude épreuve avec une autre couleur (orange), le seul problème, c'est que l'orange et le rouge concouraient dans deux disciplines complètement différentes.
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