
La composition du nouveau gouvernement en Tunisie a suscité des réactions mitigées au sein de la classe politique, certains partis y voyant une « réponse » aux revendications de l’opinion publique, alors que pour d’autres elle « repose sur l’allégeance partisane ».
Les concertations autour de la composition du gouvernement ont abouti à des « résultats honorables », a estimé le secrétaire général du parti « Ettakatol », Mustapha Ben Jaafar, dans une déclaration à la presse.
Ces résultats « honorables », a-t-il précisé, sont justifiés par les changements apportés à la composition du gouvernement, son élargissement à des personnalités indépendantes et la garantie de la neutralité des ministères régaliens qui, à ses yeux, constitue une réponse aux revendications de l’opposition et de l’opinion publique.
M. Ben Jaafar a appelé toutes les forces nationales à « s’élever au-dessus des tiraillements politiques et des intérêts partisans étriqués » pour construire un lendemain meilleur, répondre aux aspirations du peuple à l’emploi, à la liberté et à la dignité et réussir à organiser les élections dans les meilleurs délais.
Pour le porte-parole du mouvement Nida Tounes, Lazhar Akremi, le nouveau gouvernement est « le fruit d’une répartition de quotas partisans et non celui de l’intérêt national ». « L’exigence de neutralité des ministères régaliens a été dévoyée », a-t-il dit.
De son côté, un membre dirigeant du Front populaire, Ahmed Seddik, a souligné que « le Front n’a constaté aucun changement dans la formation gouvernementale qui pourrait augurer d’un règlement de la crise asphyxiante que connaît le pays ». « La coalition au pouvoir est restée la même », ce qui a conduit la Troïka à « s’auto-cloner », a-t-il estimé.
Pour sa part, le porte-parole d’Al Massar, Samir Taieb, a indiqué que « le nouveau gouvernement n’est pas à la hauteur des aspirations du peuple tunisien qui attend cette formation depuis longtemps ». « Nous sommes revenus à la case départ, avec la même Troika au pouvoir sans aucun plus », a-t-il ajouté.
Le porte-parole d’Al Joumhouri, Issam Chebbi, a estimé, quant à lui, que la nouvelle formation n’est qu’une « copie » de l’ancien gouvernement de la Troïka, en ce sens que cette dernière n’est pas parvenue à élargir le spectre de l’alliance au pouvoir. (APS)
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