
Lassés de deux ans d’incertitude politique, de crise économique et de menace terroriste, les Tunisiens s’apprêtent à découvrir la dernière mouture de la Constitution post-révolution.
En votant pour la Constituante en 2011, le peuple Tunisien espérait une rupture avec des années de Dictature et les pratiques hégémoniques du Parti au pouvoir mais n’a reçu après deux années de gesticulation idéologique qu’une rupture avec les principes fondateurs de la Tunisie moderne. Bousculant tous les repères identitaires la Troika gouvernementale tente de diviser le peuple et se saisit de la religion pour semer confusion, suspicion, haine et violence intracommunautaire.
Mené par une Ennahda, le trio magique balise sa route et prépare sa propre Constitution en faisant fi des préoccupations et des interrogations de l’opposition et de la société civile. En habile illusionniste, la Troika tente de détourner l’attention du peuple en offrant au peuple un florilège de spectacles de piètre qualité. Pour noyer le poison, les Tunisiens ont eu droit à l’Orchestre Ansar Chariaa, aux majorettes du CPR et ses ligues, au ténor Ellouze vantant le jihad en Syrie, au magicien Jebali acclamé par l’assistance, au cirque Chaambi , au dompteur Marzouki menaçant journalistes et intellectuels et au trapéziste Ben Jaafar se balançant entre posture d’indépendant moderniste et commis fidele d’Ennahda.
Pourtant rien ne présageant un tel scénario dans une Tunisie post révolution qui respirait l’espoir, se nourrissait de son identité et où les amis d’hier qui se vouaient respect et considération mutuelle sont devenus les ennemis d’aujourd’hui prêts à s’entre-tuer pour les faveurs de la République. Les signataires de l’Appel du 18 Octobre sont la mémoire de cette période glorieuse où Islamistes, Gauchistes, Laïcs, Modernistes, Progressistes se serraient les coudes pour combattre l’ennemi commun et se juraient Fidélité à la Patrie en cas d’accession au pouvoir. Les ténors ne se dénigraient pas et les Chebbi, Dilou, Bhiri, Hammami, Laareyedh, Jeribi, Betaieb,….par leur courage, leur persévérance et leur abnégation faisaient la fierté des Tunisiens quand les nouveaux nababs de la 25 éme heure se la coulaient douce dans les draps du pouvoir et de la famille régnante.
Personne ne s’attendait à ce qu’Ennahda et ses fantassins fassent main basse sur la légende de tout un peuple. Une légende écrite au sang des martyres et souillée par l’encre d’arrivistes et d’ambitieux voulant récupérer le précieux magot : le pouvoir. Pour y parvenir ces valeureux politiciens n’ont pas hésité à s’entourer de mercenaires de la révolution, de commerçants de la religion, de marchands de la mort et de blanchisseurs d’histoire.
En attendant la tenue hypothétique d’élections libres en Tunisie, Ennahda, ses partis satellitaires et ses milices de ligues planifient scrupuleusement le scénario idéal. D’abord installer la médiocrité et l’incompétence en glorifiant des figures au passé douteux et compromis comme Kahlaoui, Dghij, Recobba, Femmen, Mejri, …. ,ensuite terroriser la population en usant des menaces d’Ansar Chariaa et des Ligues de Protection de la Révolution ,puis diviser la population tunisienne entre musulmans et mécréants selon leurs propres critères et enfin éliminer physiquement ou par la loi tout adversaire politique sérieux , encombrant et capable de l’emporter.
L’avenir reste incertain , les avis divergent , les spécialistes sont sceptiques, les politiciens divisés et les tunisiens sont désorientés ne sachant pas si la Constitution post révolution va réellement constituer une rupture avec la dictature d’un homme sur fond de peur et de menaces , préparer à une nouvelle dictature d’un groupe sur fond de division , de séparatisme et de violence sanguinaire ou présager à un avenir radieux pour une Tunisie prospère , libre et aimante de tous ses enfants.
Jalel JEDDI
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