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34 morts en Egypte: Les Frères musulmans appellent au « soulèvement »

8 juillet 2013
in International
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Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique des Frères musulmans, a appelé, lundi 8 juillet, au « soulèvement » après la mort de 42 personnes, selon la télévision nationale, lors d’affrontements entre l’armée et des partisans des Frères musulmans à l’aube au Caire.

Une grande confusion demeure sur le nombre de personnes tuées ce lundi matin : les Frères musulmans annoncent 37 morts. Selon l’armée, un officier a été tué et 40 personnes ont été blessés lors de ces affrontements. L’armée égyptienne a également accusé un « groupe terroriste » d’avoir tenté de donner l’assaut au siège de la Garde républicaine, selon la télévision nationale.

Le parti salafiste al-Nour a annoncé, qu’il se retirait des négociations sur la composition d’un gouvernement de transition en raison du « massacre » perpétré selon lui par l’armée.

Dans le même temps, la transition lancée avec la nomination, jeudi 4 juillet, d’Adly Mansour comme président par intérim, semblait peiner à se mettre en place. Après avoir refusé le prix Nobel de la paix Mohamed El-Baradei comme Premier ministre, le parti salafiste al-Nour a également exprimé ses réserves concernant Ziad Bahaa Eldin, un technocrate de centre-gauche que la présidence a affirmé vouloir « très probablement » nommer ce lundi 8 juillet.

Des dizaines de milliers de manifestants

Des dizaines de milliers d’opposants à Mohamed Morsi étaient rassemblés dimanche 7 juillet en Egypte, notamment sur la place Tahrir au Caire, dans une démonstration de force destinée à prouver que l’ex-président islamiste a été renversé par une révolution populaire et non un coup d’Etat.

Alors que des avions de chasse rasaient les toits de la capitale, lâchant derrière eux une fumée aux couleurs du drapeau national, la place Tahrir était noire de monde pour une mobilisation se voulant pacifique, après des heurts d’une rare violence vendredi entre pro et anti-Morsi. Dans un cortège, une pancarte affirme en anglais « L’Egypte a connu une révolution populaire, pas un coup d’Etat ».

De leur côté, les islamistes continuaient à mobiliser leurs troupes pour maintenir la pression sur l’armée, qui détient Mohamed Morsi depuis sa destitution. Dans divers endroits de la capitale, les islamistes ont dressé des barricades et installé des barrages. Ils ont notamment fermé l’accès de la principale route qui mène à l’aéroport.

« Le président intérimaire Adli Mansour a rencontré (samedi 6 juillet) M. El Baradei mais il n’y a pas eu jusqu’ici de nomination officielle », a déclaré à la presse Ahmad al-Mouslimani, conseiller d’Adli Mansour. Il a néanmoins ajouté qu’il était le « choix le plus logique » pour former un gouvernement.

Mohamed El Baradei, un libéral ayant peu vécu en Egypte, fut directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de 1997 à 2009, poste qui lui valut en 2005 d’être co-lauréat du prix Nobel de la paix avec son institution.

Son nom circulait avec insistance au Caire depuis que l’armée a renversé le président islamiste Mohamed Morsi.

Le nouveau Premier ministre aura comme priorités de relever une économie en lambeaux et de rétablir la paix civile et la sécurité.

Des manifestations très violentes

Vendredi 5 juillet, des heurts entre partisans et opposants à l’ancien chef d’Etat ont fait au moins 37 morts plus de 1.400 autres blessées à travers le pays. Les Frères musulmans avaient demandé à leurs militants de manifester massivement pour protester contre le « coup d’Etat militaire » et pour la défense de la « légitimité démocratique ».

Dans la péninsule du Sinaï, cinq policiers et un soldat ont été tués dans des attaques de militants islamistes qui n’ont pas été revendiquées.

Mohamed Badie arrêté

Le guide des Frères musulmans, Mohamed Badie a été arrêté dans le nord de l’Egypte, jeudi 4 juillet, au lendemain de l’éviction de Mohamed Morsi.

Par ailleurs, les Frères musulmans ont assuré qu’ils ne prendront pas les armes en Egypte après le renversement par l’armée du président Mohamed Morsi, issu de leurs rangs. « C’est un coup d’Etat militaire. Nous resterons actifs et le (le coup d’Etat) priverons de légitimité jusqu’à ce que ce soit rectifié », a dit Mohamed el Beltagui, l’un de leurs principaux dirigeants des Frères musulmans.

Le président par intérim prête serment

Plus tôt dans la journée de jeudi 4 juillet, le juge Adly Mansour désigné par l’armée pour diriger le pays le temps de la transition, a prêté serment. « Je m’engage à préserver le système de la République, à respecter la Constitution et la loi et à protéger les intérêts du peuple » a-t-il déclaré.

La veille, mercredi 3 juillet, l’armée égyptienne a destitué le président Mohamed Morsi et suspendu à titre provisoire la Constitution afin de trouver une solution à la crise que traverse le pays, reprenant la place qu’elle a longtemps occupée au centre du jeu politique en Egypte.

Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu, investi il y a un an à peine, a été arrêté et conduit dans la nuit au ministère de la Défense. D’autres cadres dirigeants de la confrérie des Frères musulmans ont également arrêtés.

Les Etats-Unis, les Nations unies et d’autres pays n’ont pas qualifié le renversement de Mohamed Morsi de « coup d’Etat militaire » mais ont exprimé leur inquiétude et appelé l’armée égyptienne à restituer aussi vite que possible le pouvoir à un gouvernement civil.

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