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La leçon égyptienne

15 juillet 2013
in Chroniques
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La majorité des observateurs et des pays (hormis deux, la Tunisie et la Turquie!), qui ne cachent d’ailleurs pas leur plaisir de voir le président égyptien Mohammed Morsi évincé, et ne semblent guère dérangés dans leurs principes « démocratiques » de voir une légitimité issue des urnes, et c’est quels

que soient ses échecs, renversée par un coup d’Etat militaire, avancent sans sourciller que les gouvernements aussi démocratiques soient-ils doivent plier bagage devant le mécontentement de la rue à tout moment!

Un précédant qui mettrait en cause la stabilité de toute société qui se dit démocratique, tout gouvernement issu des votes des citoyens, pour un contrat entre les électeurs et les gouvernants pour une durée constitutionnelle préétablie et courant à échéance.

Or, la véritable leçon que doit tirer tout démocrate est qu’il faut retenir que la démocratie, pour qu’elle reste crédible et viable, est d’abord la permanence du pluralisme, dans toutes ses expressions.

Partant de là, tout l’art de gouverner consisterait alors à rechercher l’intérêt général. Il va sans dire que la majorité est chargée de définir et conduire cet intérêt général, mais sans jamais oublier que de la pluralité de la société, dans toute sa mosaïque et sans éliminer quiconque, fût-il le plus ouvertement en opposition au nouveau pouvoir.

Le vote et les majorités numériques sont très importants mais ils ne suffisent pas à eux seuls à réussir l’exercice du pouvoir. Cette vision prend d’autant plus toute sa légitimité en période transitionnelle. Une période où il est presque hérétique de parler de majorité et d’opposition, tant qu’on n’a pas fini de parachever l’édifice démocratique en chantier.

Faute d’avoir compris la conjoncture à sa propre mesure- sans pour autant rejeter la faute à l’une ou l’autre partie- le cas égyptien se transforme en terrain miné, sorte de piège quasi inextricable.

Dans un cas comme dans l’autre (retour de la légitimité, ou bien l’acceptation bon gré mal gré du fait accompli imposé par le coup d’Etat militaire déguisé), la rue l’aura emporté et aura eu le dernier mot. Un précédant qui ne sera pas sans séquelles, une blessure qu’il sera difficile de refermer, et un piège difficile à éviter, si grande est désormais la tentation.

En démocratie, la rue est un moyen de pression, cependant la politique ne doit jamais se faire dans la rue!

Belhassen Soua

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