Le nom inspire le respect et évoque avant tout des produits solides que l’on a tous connus, notamment le dinosaure qu’était le 3310. Nokia. L’entreprise finlandaise, née en 1966, garde une longue expérience dans des domaines industriels extrêmement différents les uns des autres : qui se rappelle aujourd’hui que Nokia était principalement présente dans la production de papier, de caoutchouc, ou encore de câbles ? Dans les années 1980, Nokia procède avec énergie au rachat de plusieurs sociétés présentes dans le domaine des télécoms Rapidement, dans les années 1990, la tendance s’affine et, judicieusement, oriente ses prises de positions dans le GSM, alors conscient que les enjeux des décennies à venir seraient dans la mobilité.
Nokia devient rapidement un producteur clé dans la jeune téléphonie mobile, les bons choix semblent avoir été faits, elle vit ses plus belles années autour de l’an 2000. C’est à cette époque que des appareils mobiles emblématiques de la firme finlandaise voient le jour.
C’est durant les années suivantes que les premiers signes d’alerte apparaissent. En effet, des acteurs tels que Samsung parviennent, eux, à prendre certains virages clés : notamment les adaptations à une segmentation du marché. Nokia peine en effet à explorer d’autres environnements que l’entrée de gamme, les téléphones à clapet par exemple. De leader incontesté en téléphonie mobile, Nokia perd petit-à-petit de la voilure, bien qu’il restera numéro un mondial jusqu’en 2011, 14 années durant. Dans une économie où tout va toujours plus vite, dans un environnement de téléphonie mobile qui devient de plus en plus exigeant, les regards se tournent vers la concurrence : notamment le « jeune » Apple et le cousin coréen Samsung.
Ces deux dernières années, Nokia avait bien compris que sans un électrochoc, sans une remise profonde en question, les pertes deviendraient trop lourdes pour remonter la barre. Les avis convergent : la firme finlandaise semble trouver des solutions. De fossile, Nokia se devait de devenir challenger. Pour y parvenir, Nokia a su profiter de la conjoncture de deux éléments.
Le premier élément a été offert par le marché. En effet, la guerre que se livrent depuis quelques années Apple et Samsung fatigue l’innovation. Il y a une place pour un smartphone différent. Il fallait également reconnaître, comme cela a déjà eu lieu dans son histoire, qu’il convient parfois de sacrifier des activités secondaires pour se concentrer sur ce que l’on sait faire de mieux. La firme finlandaise sait construire de bons téléphones mobiles : élégants, fiables et solides. Laissons donc tomber l’aspect logiciel (le système d’exploitation mobile) et faisons appel à des experts. Après tout c’est ce qu’a fait Samsung : effacer petit-à-petit son système Bada pour adopter et exploiter Android.
Le deuxième élément dont a profité Nokia est la situation de Microsoft dans le domaine de la téléphonie mobile. Nokia perd des parts de marché. Microsoft peine à en gagner. Pourtant, sur le papier, les deux acteurs ont du succès dans leur cœur de métier. L’idée germe d’elle-même : associer Nokia et Microsoft. Nokia construira de nouveaux appareils et Microsoft mettra à disposition sa technologie innovante Windows Phone dans le ventre de ces téléphones. Cela prend forme concrètement en février 2011 avec la signature d’un partenariat, malgré quelques critiques sur le contexte personnel des acteurs de ce rapprochement.
Le temps devait permettre de voir si ces choix porteraient leurs fruits ; au vu des résultats encourageants et même croissants pour Nokia en 2012, il semblerait que le bout du tunnel s’éclaire progressivement.
Mais faut-il pour autant considérer que Nokia puisse redevenir un concurrent de choix pour Samsung ou Apple ? On le sait, les deux ennemis du moment restent Samsung et Apple, le géant coréen faisant route en tête sur le terrain des parts de marché. Mais les deux ont marqué pour longtemps un point que le Finlandais et Microsoft, dans leur récente alliance, n’ont pas encore réussi à mettre en œuvre : un écosystème d’applications riche et adapté aux exigences d’une clientèle insatiable. On peut prendre pour exemple l’application phare dans l’univers des réseaux sociaux photographiques : Instagram. On peut acheter un magnifique Nokia Lumia 920, profiter d’un design innovant, d’une fiabilité matérielle et d’une interface logicielle convaincante, il manque toujours un parc applicatif digne de ce nom, et les développeurs tardent un peu à adopter cet environnement.
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