mercredi, 5 août, 2026
Espacemanager
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
Espacemanager
No Result
View All Result

La prise en charge de la santé des femmes est-elle aussi précaire qu’il y a 75 ans?

4 février 2013
in Divers
A A
Share on FacebookShare on Twitter

Tawhida Ben Cheikh avait obtenu le doctorat en médecine en France en 1937 et quand elle s’était installée pour exercer son métier à Tunis, alors qu’elle était la première femme médecin tunisienne musulmane, B’chira Ben M’rad, présidente de l’UMFT avait alors organisé une cérémonie en son honneur le 18 avril 1938 et avait profité de l’occasion pour réunir des dons pour les enfants, étudiants et étudiantes de Tunisie et avait prononcé un discours  reproduit dans la revue « Chams El Islam » éditée par son père el Cheikh Mohamed Salah Ben M’rad.Il est remarqué que ce discours était prémonitoire et aujourd’hui, 75 ans plus tard les pesanteurs de l’ignorance nous rattrapent quand à la prise en charge de la santé féminine.

Alors que nous pensions que la différentiation du sexe du personnel médical n’était plus un frein à l’accomplissement des métiers de santé et notamment à la traduction dans les faits du serment d’Hippocrate, voici que l’histoire nous fait un pied-de-nez.

Les démons de l’obscurantisme rejaillissent de nouveau dans certains milieux sociaux et les réticences des hommes de voir leurs épouses, mères et filles soignées par d’autres hommes refont surface.

B’chira Ben M’rad, il y a de cela trois quarts de siècle, avait certainement pensé que la Tunisie allait un jour venir à bout de telles réticences, mais en même temps elle avait ressenti comme un soulagement l’accès des femmes à la pratique de la médecine. Elle s’était sans doute dit que les femmes-médecin allaient permettre de banaliser le corps humain au service d’un objectif plus noble : la prévention et la guérison des maladies. Elle s’était sans doute dit que le poids de la religion mal comprise allait progressivement diminuer pour laisser place à l’esprit scientifique salvateur et générateur de progrès.

Nous n’en sommes malheureusement pas encore là…


Voici la traduction du discours en question :

« Mesdames, ce jour est l’un des plus heureux pour la femme tunisienne. Sérieusement, à une telle occasion, elle élève sa tète très haut et marche sur l’étoile de la grandeur et de la considération. Elle a prouvé ce jour que les difficultés ne l’arrêtent pas et enregistré ainsi qu’elle mérite toutes les louages et toutes les formes de vénération. Et que personne ne peut s’ériger en obstacle devant celui ou celle qui aspire  à l’excellence et l’acquisition des sciences.

Mais qu’ai-je à parler de la Tunisienne dans ce lieu alors que vous êtes entrain de voir la science féconde et le service des intérêts de la nation se matérialiser sur cette tribune ? Qu’ai-je à prolonger le discours alors que se présente devant vous l’exemple de la résolution, de la gloire, de la majesté et de la perfection, le docteur Madame Tawhida Ben Cheikh ?

Mesdames, Voici devant vous la Docteure Tawhida célébrée aujourd’hui par la volonté de toutes les femmes de ce pays en considération de ses efforts fructueux et de  ses actions patriotiques couronnées de succès.

Cette généreuse fille du pays a vu que ses sœurs avaient besoin d’une personne qui puisse gérer leur corps,  préserver leur santé et lutter contre leurs maux. Elle a alors exaucé le devoir national et travaillé dans ce sens. Elle s’est expatriée et quitté sa famille jusqu’à obtenir le diplôme du doctorat. Elle a ainsi rempli un grand vide et exaucé un besoin impérieux requis par la nation dans la mesure où  la femme tunisienne ne trouvait pas qui elle puisse se confier et alerter de ses maladies intimes en se conformant aux règles coutumières de la Charia (1) parce que la femme tunisienne ne peut se découvrir devant les hommes médecins et leur montrer certaines de ses maladies, et quand cela devient impératif de le faire, cela arrive trop tard la plupart du temps et ces atermoiements  peuvent même entrainer le décès de la patiente.

Alors qu’aujourd’hui, Dieu merci, nous disposons de la docteure vertueuse, la sœur charitable envers les gens de son pays. Nous avons trouvé la femme médecin que nous recherchions depuis longtemps pour le traitement des filles de ce pays.

Mesdames, La docteur a pris conscience de l’obligation qui lui été imposée par Dieu d’aller à la quête du savoir dans la mesure où cette quête est une obligation pour tout musulman et toute musulmane. Elle a alors répondu à l’appel du devoir et a accepté l’épreuve de l’exil.

Elle s’est séparée de sa famille et de sa patrie pour pallier à ce grand manque qui est l’inexistence d’une femme médecin musulmane pour remplir son devoir vis-à-vis des filles de ce pays en prenant pour exemple les paroles du poète qui dit :

Je souscris à l’appel des cimes et je n’accepte pas l’abime

Ou bien j’atteins le but qui me satisfait ou bien j’accepte de quitter ce monde volontiers

Mais voila que notre dame doctoresse nous est revenue Dieu Merci couronnée de fierté, la tête haute donnant la preuve que la femme tunisienne si elle veut être à l’avant-poste des travailleuses. Elle a réussi et réalisé tous ses objectifs scientifiques ne cédant ni aux difficultés ni aux obstacles, ne se préoccupant ni de la fatigue ni des soucis.
Ô Docteure vertueuse, tu as accompli ton devoir envers ta religion, ta patrie et tes frères et nous nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre grâce à ce que tu as accompli et pour te remercier de ce travail fructueux avec les remerciements les plus vifs. Tes sœurs fidèles te retiennent jalousement, gardée par les soins d’yeux attentifs, notifiée d’un attachement permanent.

Après cela, Ô dames vertueuses, vous n’êtes pas sans savoir qu’il nous faut profiter de cette occasion pour que notre fête concilie entre la présentation des  remerciements et des expressions de gratitude envers la doctoresse pour ce qu’elle a accompli au service de notre pays, et un apport d’assistance urgente à nos frères touchés par le dénuement et la tristesse en attente de votre élan de générosité. Vous qui appartenez à l’élite, êtes en effet  l’exemple des pourvoyeuses de bien et de celles qui assistent les nécessiteux et de tous ceux qui sont dans le besoin.

Mesdames, les pauvres du pays ont besoin de votre aide et la femme tunisienne possède suffisamment d’affection envers les pauvres démunis sans qu’il soit besoin de leur rappeler leur état. Prenez l’initiative Ô Mesdames, vous les femmes généreuses pour aider les pauvres parmi nos frères. Vous devez savoir que par vos  dons généreux vous gagnerez la grâce de Dieu et qu’en apprenant à aider les gens vous bénéficierez de Sa miséricorde.
« Je n’ai rien vu de comparable à la reconnaissance. Quant à son goût, il est doux et quant à son visage, il est beau ».
Que vive la bonne épouse agissant pour la prospérité de son peuple, que vive la science et que vive la Tunisie (2). »


Par Hatem Karoui

(1)Les règles strictes de la Charia impliquent l’obligation de l’examen médical d’une musulmane en premier lieu par un médecin femme musulmane spécialisée, puis en cas d’impossibilité par un médecin femme non musulmane, puis par un médecin homme musulman et ensuite un médecin homme non musulman avec l’interdiction du tête à tête (khilwa) compensé par la présence du mari, d’une parente ou d’une infirmière…En dénominateur commun la dévotion et la piété du médecin. Ces règles ne sont plus usitées en Tunisie sauf que le retour de la Nahdha (et peut-être les Salafistes) au pouvoir et du courant conservateur en général peuvent valoir des surprises,  et nous commençons malheureusement à en connaitre quelques unes….

(2)Je ne manque pas de constater que le rapprochement semble trop flagrant entre l’occasion créée pour honorer la première femme médecin de Tunisie et le prétexte qui en est pris pour collecter des fonds en faveur des démunis. A première vue cela semble un raccourci maladroit mais en fait la Présidente de l’UMFT signale par ce choix qu’il ne s’agit pas d’une fête protocolaire et mondaine mais que la Tunisie est perpétuellement dans l’urgence du développement alors qu’elle est occupée…

H.K.

Previous Post

SERVICOM a le vent en poupe

Next Post

Tunisie: Wahid Dhiab prêt à la succession de Marzouki

Next Post

Samir Amin ou la peur d'un Sahélistan

Discussion about this post

EspaceManager

Espacemanager

  • Contact
  • Qui sommes-nous ?

Nos rubriques

  • Actualités
  • Auto
  • Chroniques
  • Communiqués
  • Divers
  • Économie
  • Finance
  • High-tech
  • Infos sociétés
  • International
  • Interviews
  • Macro
  • Marketing
  • Politique
  • Social
  • Sport

Suivez Nous!

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR