
En réaction à l’assassinat du député Mohamed Brahmi, le sit-in Arrahil a pris place au Bardo, juste en face du siège de l’Assemblée Nationale Constituante pour exprimer le mécontentement des protestataires de la politique du gouvernement et des résultats de l’ANC et leurs appels pour les dissoudre.
Ce mouvement protestataire s’est voulu au départ spontané au vu des événements qui ont secoué la Tunisie. Sauf que voilà que les partis de l’opposition se sont vite saisis de cette opportunité pour prendre position et rallier ce mouvement afin de s’en servir.Opportunistes, certains partis l’ont accaparé à leurs fins en finançant les activités artistiques, le montage de scènes de spectacle ou même la présence de certaines personnes …
Le sit-in a depuis pris d’autres allures, puisque la protestation est sortie de son cadre, devenant parfois très politisé et parfois festive dans une période de deuil et de tristesse.
Un mélange des genres qui a déplu même à certains initiateurs du mouvement qui n’ont pas apprécié qu’on se serve d’eux à des fins politiques.
Mais le pire dans tout cela, ce sont les dépassements au niveau des interventions incontrôlées sur les scènes du Bardo qui ont alimenté encore plus les divisions jusque dans le clan des opposants au gouvernement. Telle que cette scandaleuse intervention du poète Sghaier Ouled Ahmed.
Irresponsable, ce dernier a été d’une maladresse extrême puisqu’il s’est attaqué aux millions de Tunisiens musulmans en estimant qu’ils vivaient au rythme du Ramadan 1434, alors que lui et ses compères vivent en 2013 selon ses dires. Une façon très maladroite de dire que ceux qui n’étaient pas du rang de l’opposition vivaient dans un temps « moyenâgeux ».
Des propos qui ont été sévèrement critiqués non seulement par une large frange de la population, mais aussi parmi les protestataires du Bardo, car non seulement ils ont tendance à diviser davantage le peuple, mais ils ne peuvent que servir les intérêts d’Ennahdha et de tous les partis islamistes qui seront soutenus par de nombreux Tunisiens qui penseront que l’identité arabo-musulmane de la Tunisie est menacée par ce genre de propos extrémistes.
Depuis, le constat est clair, le rassemblement protestataire bat de l’aile et les revendications s’effritent entre politiciens « malhonnêtes » qui cherchent à tirer profit et des citoyens qui se sentent perdus et qui jugent que leur mouvement leur a été volé par ces même partis qui veulent à tout prix se servir d’eux pour arriver à leurs fins.
De plus, même les politiciens de l’opposition semblent se déchirer entre des radicaux qui refusent de négocier avec Ennahdha et qui refusent même l’existence des islamistes en Tunisie en dehors des prisons, et une opposition modérée qui voit qu’Ennahdha fait partie du paysage politique et qu’elle doit être partie prenante des débats.
Entretemps, plusieurs réactions de mécontentement commencent à pulluler un peu partout. On peut facilement remarquer ceci à travers les nombreuses vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et dans lesquelles des citoyens protestataires contestent la tournure des événements et essentiellement celle du sit-in Arrahil.
Jalel Ben Brik a même posté une vidéo dans laquelle il dénonce tout le camp de l’opposition qui se goure totalement de chemin selon lui et qui ne fait que s’affaiblir en agissant de cette façon tellement désorganisée et tellement maladroite…
Entretemps, le clan opposé a repris son mouvement de soutien à la légitimité et la Tunisie est de plus en plus divisée par la faute de politiques incompétents et hypocrites, qu’ils soient au gouvernement ou à l’opposition.
Probablement, le célèbre Professeur universitaire Kais Saied est parmi les rares à avoir vu jute en leur demandant tous de démissionner et de nous laisser en paix.
En attendant , l’on ne peut que croiser les doigts afin que des sages aient la force de trouver un scénario qui puisse sortir la Tunisie de cette grave crise !
Slim Maâtoug
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