Ils sont en tout une quinzaine de personnes, dont des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, des contractuels opérant au sein de ce ministère et un collaborateur avec la radio et sa femme, qui sont actuellement interrogées sur une affaire de trafic de passeports falsifiés livrés à des éléments salafistes djihadistes.
Selon les premières données obtenues et diffusées par le journal «Al Bayane», les investigations opérées par les forces de sécurité ont permis de remonter vers un des éléments takfiristes, un pâtissier, qui était un intermédiaire pour délivrer à des salafistes des passeports falsifiés afin qu’ils puissent voyager en Syrie pour le soi-disant «Jihad» ; ces passeports portant une identité usurpée et les photos de ces salafistes. Ce pâtissier était lié d’amitié avec l’un des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur qui lui facilitait ces opérations de falsification, obtenant 50 dinars pour chacune d’elles, et qui fut arrêté en possession de deux cartes d’identité nationale appartenant à deux salafistes recherchés.
Ainsi, tous ceux par qui passaient les modalités administratives pour l’obtention d’un passeport, les vérifications des documents, les signatures et les cachets, ont été arrêtés pour les besoins de l’enquête, sachant que les identités des personnes aspirant à l’obtention de ces passeports falsifiés ne passent pas par le système électronique de vérification.
Il s’est avéré aussi que quelques passeports falsifiés étaient destinés à trois éléments salafistes classés dangereux, alors qu’un autre se trouve directement impliqué dans ce trafic étant en liaison avec le contractuel de l’Ertt. Celui-ci, parti en 2013 pour la Turquie dans le but de rejoindre la Syrie, sa famille l’en ayant dissuadé, il fut arrêté à son retour puis relâché pour tremper carrément dans le salafisme et le jihad.
Tout le dossier fut transmis à l’un des juges d’instruction de la Cour de première instance de Tunis pour la suite des procédures judiciaires à l’encontre de ces suspects qui ont été traduit sous le chef d’accusation de terrorisme.
J. B. A.