
Le public sportif Tunisien vit une fin de saison footballistique rocambolesque en ce printemps de 2013. Après les hésitations de la Ligue nationale de Football et sa consœur la Fédération quant à l’interprétation et l’application de l’article 22 désignant les deux équipes qualifiées au Play off, les scènes de désolations et de terreur à Bizerte qui suivirent la disqualification du Club local, voila qu’une autre affaire vient noircir le tableau.
Nonobstant les lourds soupçons de trucage et d’arrangement du match opposant le Club Bizertin et la Jeunesse Kairouanaise, c’est l’identité de l’auteur de ces accusations qui pose un problème d’éthique, d’impartialité et de responsabilité.
Mais comment une aussi grave accusation pourrait être postée sur la page facebook de son auteur avant que la justice et les autorités ne soient saisies du dossier ? Comment qualifier l’attitude de Monsieur Slim Riahi, Président du Club Africain et Président d’un Parti Politique, auteur de ces accusations ? Comment peut-il se targuer d’être le détenteur de ces informations secrètes sans en informer les autorités compétentes ? Mesure-t-il les conséquences de ses allégations ? Par quels moyens a-t-il réussi à avoir les enregistrements téléphoniques ? N’est-il pas soumis de par sa double qualité à un devoir de vérification ? A l’heure des grandes perturbations que traverse le pays et des échéances qui l’attendent, il apparait clairement que certaines parties commencent à se livrer une guerre souterraine en se servant des Clubs Sportifs comme argument électoral et des supporters comme boucliers humains.
La paix civile et la quiétude de tout un peuple sont livrées aux nouveaux fauves. Pour écrire leurs propres légendes et s’inscrire dans la mémoire des clubs et des supporters, seules les victoires comptent. Personne n’est dupe. Tout le monde sait que derrière l’amour du Club sommeille une ambition politique dévorante et si par le passé nous avons reproché à certains extrémistes les tentatives d’endoctrinement de nos jeunes par le biais de la RELIGION, nous portons le même grief à ces nouveaux fauves qui tentent d’endoctriner leurs bases de supporters par des considérations extra sportives.
Le sport a toujours attiré les politiques et tout le monde se souvient des grandes figures nationales qui ont présidé les Clubs Tunisiens. Tous ont contribué à véhiculer les valeurs d’éducation, de partage et de socialisation.
Les nouvelles formes de codification sont apparues dans les années 90 avec cette quête effrénée de la performance et le sport Tunisien a vu éclore les nouvelles pratiques de tricherie, de trucage, de violence et de régionalisme.
Le capitaine Khaled Hosni l’a affirmé et martelé à maintes reprises , l’idéal sportif et l’amour du foot ne correspondent plus aux valeurs du jeu proprement parler et désormais le Foot , sa pratique, ses dirigeants, ses instances, ses supporters , sa moralité et ses règles sont le reflet de notre société et de notre système.
Sans incriminer Slim Riahi pour ses prises de positions dictées par l’enjeu et les milliards qu’il a injectés , il convient de condamner la manière et la méthode indignes d’un dirigeant sportif et politique appelé à de hautes responsabilités en cas de scrutin favorable.
Jalel JEDDI
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