La rencontre du Président du Parti Ennahdha Rached Gannouchi avec une vingtaine de directeurs et de rédacteurs en chef de médias tunisiens
a prouvé que la concrétisation des décrets-lois 115 et 116 ne fait pas du tout l’unanimité au sein de la famille médiatique.
Bien au contraire, de nombreux intervenants dont particulièrement les représentants du syndicat des directeurs de médias ont fustigé la haute instance de la réforme de l’information et de la communication estimant que ses membres ont taillé des décrets-lois sur mesure pour servir leurs intérêts.
Les intervenants ont demandé l’amendement des décrets lois 115 et 116 qui sont plus répressives que les lois de Ben Ali et qui risquent de bloquer la liberté de la presse parce qu’ils prévoient de sévères peines pour les médias et les journalistes.
Les intervenants ont catégoriquement refusé que l’instance qui accorde les autorisations se proclame en même temps juge et se donne le droit de fermer les médias et d’emprisonner les journalistes sans même recourir à la justice !
Présent aux côtés de Rached Ghannouchi, M. Ameur Laârayedh, membre du bureau exécutif d’Ennahdha et membre de l’Assemblée nationale constituante, s’est saisi de cette opportunité pour indiquer que son parti est conscient que les décrets-lois n° 115 et 116 nécessitent des amendements.
Laârayedh a même affirmé que d’autres partis représentés à la Constituante ont appelé à l’amendement de ces articles publiés dans la précipitation, le 2 novembre 2011 en pleine période d’élections; et ont même proposé de nouveaux textes pour les remplacer.
Le membre de l’Assemblée constituante a indiqué que ces deux textes n’entreront en application qu’après avoir fait l’objet d’un débat national entre tous les professionnels du métier et après leur adoption par l’Assemblée constituante.
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