
La séance inaugurale des travaux de l’assemblée constituante a eu lieu, comme chacun le sait, le 22 Novembre. Toute la classe politique tunisienne était présente à cet évènement historique : président de la république, premier ministre, membres du gouvernement, les constituants et les leaders de partis politiques.
Une ambiance solennelle régna sur cette séance où chacun des présents avait conscience de la gravité de l’instant que vivait le pays. Les échanges furent brefs mais courtois, chacun s’efforçant de laisser la parole à son collègue de l’assemblée dans un souci constant de dialogue.
On a appris finalement, à l’issue d’un vote serré, qui sera le président de l’Assemblée Constituante. Il s’agit de M. Mustapha Ben Jaafar et qui seront les vice-présidents de cette assemblée : Mme Mehrzia Laabidi et Larbi Abid.
Pour ceux qui lisent cet article, le récit que je viens de produire de cette séance inaugurale est totalement faux.
En réalité, hormis les quelques minutes que dura l’hymne national, qui ne fut pas été chanté par les constituants mais bel-et-bien diffusé par haut-parleurs, une cacophonie générale régna. M. Tahar Hemila, président de la séance, n’a rien pu faire face une présence agitée, et même perturbée à l’idée d’être dans un endroit où jadis les suppôts de la dictature ficelaient leurs manigances et préparaient leurs méfaits.
Le futur président de la république, M. Moncef Marzouki, profita d’un moment d’accalmie dans l’assemblée pour pianoter sur son smartphone et on dit même qu’il aurait pris des photos souvenirs ?
Tout ne fut pas noir lors de cette séance inaugurale des travaux de l’A.C, la joie des élus était perceptible même s’il est clair que beaucoup n’ont pas encore réalisé la hauteur des responsabilités qui sont les leurs.
Il eut également un instant de grâce, d’intelligence et de charisme, incarnés par Mme Maya Jribi lorsqu’elle annonça à la tribune sa candidature à la présidence de l’assemblée face à M. Ben Jaafar.
Cette déclaration a fait sans doute oublier à son camp la douloureuse débâcle subie lors des élections.
En même temps que ces travaux, à l’extérieur du parlement, se déroulait une manifestation qui réunira plusieurs centaines de personnes dont l’objectif était de rappeler aux membres de l’assemblée la nécessité de préserver les acquis de la Tunisie d’après la révolution, en termes de libertés individuelles, droits de la femme etc.
En marge de cette manifestation, l’élue Souad Abderrahim, et auteur d’une déclaration tonitruante sur les mères célibataires, a été chahutée par des militantes féministes dont la cause, aujourd’hui, semble encore plus d’actualité.
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