
En quelques heures, ce qui devait être un programme diffusé en prime-time et l’interview d’un proche de Ben Ali, s’est transformé en une affaire d’Etat qui fait jaser tout le pays, en partant du ministère de la Justice jusqu’aux studios d’Attounissia TV.
Le gendre de Ben Ali et ancien président de l’Espérance Sportive de Tunis, actuellement en fuite et réfugié aux Emirats arabes unis a accordé une interview au journaliste animateur d’Attounissia TV Moez Ben Gharbia.
Cette interview devait être diffusée dans son émission du jeudi soir. Il s’agissait de connaitre plusieurs volets qui concernent la fuite de Tunisie le 14 janvier 2011, ses conditions de séjour à Abu Dhabi, la corruption, etc…
Slim Chiboub est recherché par la justice tunisienne qui a demandé son extradition auprès des Emirats arabes unis depuis début septembre.
Quelques heures avant la diffusion de l’interview, le chef des contentieux de l’Etat a ordonné à la chaine Attounissia TV et au producteur Moez Ben Gharbia de ne pas diffuser l’interview de Slim Chiboub.
Cette opposition a été faite à travers un recours en référé dans la mesure où ce programme risquait d’interférer avec la justice tunisienne sachant que Slim Chiboub, gendre de Ben Ali, est toujours recherché par la justice, que ses procès sont toujours en cours en Tunisie et que ses propos dans une interview peuvent contenir des appels au désordre et menacent la stabilité de l’Etat.
Et pourtant, la chaine Al Hiwar Ettounsi pourrait diffuser l’interview ce vendredi soir à partir de 21H00. C’est du moins ce qu’elle a annoncé sur sa page Facebook officielle, hier.
El Hiwar Ettounsi explique qu’elle ne reconnait ni les décisions de la magistrature, ni la restriction à la liberté d’expression.
Cette décision de justice interdisant la diffusion de l’interview a suscité une vive controverse entre les défenseurs de la liberté d’expression et ceux qui considèrent que donner la parole à une personne aussi controversée que Slim Chiboub ayant appartenu au clan Ben Ali est un moyen de lui donner le droit de se défendre alors qu’il reste recherché par la justice.
Discussion about this post