
Par ces temps de fortes turbulences où s’abat sur la Tunisie un tsunami séparatiste et des torrents de haine et de violence, il convient de s’interroger si cette nouvelle démocratie tunisienne est compatible avec les valeurs d’unité, d’identité nationale et de patriotisme?
Aujourd’hui, le gouvernement en place, la posture d’une certaine opposition, le séparatisme ambiant, l’extrémisme idéologique de tous bords et les fantasmes pervers de certains groupuscules ne parviennent qu’à creuser encore plus le fossé qui sépare les citoyens entre eux d’un côté et les citoyens et les politiques de l’autre.
Les discours haineux tenus lors des meetings pour enflammer les foules et les interventions musclées sur les plateaux TV pour séduire les téléspectateurs témoignent de cette opposition frontale entre adversaires politiques et renforce le clivage entre prétendus religieux et conservateurs et prétendus progressistes et laïcs. Tous débattent sur des questions qui n’ont pas lieu d’être.
Alors que les uns appellent à l’islamisation du peuple comme si les tunisiens ne le sont pas, les autres revendiquent une laïcité comme si le pays ne l’est plus. De fausses questions qui ont un double mérite ; noyer le peuple dans des contradictions surréalistes en le dirigeant vers des débats stériles et unir la classe politique qui manque de solutions et de programmes, en lui offrant un terrain et un espace de débats fertiles.
Le rêve des tunisiens est brisé et le peuple découvre avec amertume et stupeur, que derrière les postures de piété religieuse, de militantisme révolutionnaire et de vertus progressistes et modernistes, se cachent des rapaces politiques affamés de pouvoir. Ils se drapent de l’étendard de l’Islam et de l’honnêteté pour les uns et de celui de défenseurs de droits de l’hommes pour les autres dans le seul but d’installer la haine et de diviser le peuple pour lui voler sa révolution, asseoir leur domination , jouir des fastes de la république et spolier le pays de toutes ses richesses humaines et matérielles.
Ecœurés et dégoutés , de plus en plus de Tunisiens regrettent la dictature, qui malgré son autoritarisme et sa force abusive, offrait les vertus de l’unité nationale , d’une certaine quiétude, d’ un partage de richesse plus équitable qu’actuellement, d’une politique de prix mieux élaborée et surtout d’une sécurité des biens et des personnes que tout tunisien revendique et qui fait défaut maintenant.
Certes l’ancien régime avait ses hommes sans conscience, ses parasites, ses profiteurs, ses courtisans et ses fraudeurs mais disposait aussi et surtout d’hommes intègres, honnêtes et compétents voués au service de l’Etat et prêts à défendre la patrie jusqu’à la mort. Ce sont ces hommes qui ont balisé les fondements de la République moderne, qui ont maintenu un développement économique respectable et qui ont constitué la vraie colonne vertébrale du modèle tunisien qui offrait plus de perspectives que le modèle actuel.
Comme sous la dictature de Ben Ali et son contexte d’asservissement , des voleurs ,des fraudeurs et des hommes sans envergure gravitaient atour de la famille régnante pour spolier les richesses du pays , sous la nouvelle démocratie et son contexte post révolutionnaire , la nouvelle classe politique avec toutes ses composantes regorge aussi, de courtisans, de blanchisseurs d’histoire, de profiteurs et surtout d’hommes sans conscience, haineux de leurs semblables, violents , aigris , menteurs et soumis à un tutorat outre frontières.
Les adeptes de la Démocratie étaient tous unis sous Ben Ali et les Chebbi, Dilou, Bhiri, Jeribi, Jebali, Marzouk, Hamma, Mekki, Nasraoui, Oum Zied , Ben Brik et tous les autres se vouaient un respect mutuel pour leur militantisme et leur acharnement contre la Dictature et le tunisien est en droit de s’interroger sur les motivations de ces mêmes militants pourquoi tout ce dénigrement, ce déni et cette haine subite ? Le pouvoir est il la seule finalité de ces militants quitte à dominer leurs alliés d’hier ? Ou est le sens de la responsabilité de ces leaders qui ont promis réforme, tolérance, amour et vie meilleure ? N’ont-ils pas la même obsession de l’autorité que leurs prédécesseurs ? Valent-ils mieux que les caciques de la Dictature ?
La conviction des tunisiens est que ce nouveau cycle de la Démocratie avec autant d’irresponsabilité et de manque de maturité des leaders politiques , des médias et de la société civile est entrain de faire glisser le pays dans une spirale de division , de haine et de violence irréversible et il convient ,par ces temps critiques, à rappeler à toutes ces composantes qu’il faut du respect, de l’amour , du sacrifice , du patriotisme , de l’altruisme, de la sagesse, de la vision et de l’humilité pour bâtir une vraie démocratie.
Le débat public reste médiocre et les acteurs politiques des partis au pouvoir et de l’opposition n’arrivent pas à élever le niveau et au lieu de défendre des programmes et des idées se contentent de dénigrer et d’insulter leurs adversaires politiques comme ce fut le cas lors des scandaleux meetings du 1 er Mai sur l’Avenue Habib Bourguiba. Les manifestants ressemblent de plus en plus aux publics des virages, les orateurs se prennent pour des chauffeurs de salles et les manifestations sont régulièrement émaillées d’incidents, de scènes de violence et d’appels au meurtre.
N’en déplaisent à ces politiques de tous bords, c’est par votre irresponsabilité, vos discours séparatistes, votre violence verbale, votre haine, votre aigreur, votre suffisance, votre égoïsme et votre hypocrisie que de plus en plus de Tunisiens regrettent le temps de la Dictature, le temps de l’unisson , le temps de l’amour et le temps du vrai patriotisme.
Jalel JEDDI
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