
Le mouvement d’Ansar Al Chariaa, a décidé de tenir son congrès dimanche à Kairouan. Le pays retient son souffle. La population ne cesse de se demander comment mettre fin à la spirale de la violence.
Des intrigues planent au-dessus de ce congrès d’Ansar Al Chariaa, qui doit se tenir ce dimanche, sur «le sol de Oqba Ibnou Nafaâ».
Le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahda, Rached Ghannouchi avait affirmé cette semaine que le gouvernement a interdit le rassemblement des salafistes. « Le rassemblement des salafistes jihadistes d’Ansar Al Chariaa prévu dimanche à Kairouan, n’aura finalement pas lieu ».
Et d’ajouter : « Le gouvernement a décidé d’interdire ce congrès dont les organisateurs n’ont pas obtenu d’autorisation préalable comme l’exige la loi », a déclaré lors d’une conférence de presse.
« Quarante mille partisans » du mouvement se sont dit décidés de se réunir pour leur congrès et déclarent être prêts à défier les autorités. Et plusieurs dizaines d’autres partisans du mouvement accourus par pelotons, se sont dirigés à pied, de Sidi Bouzid en premier, vers la ville de Kairouan, pour assister au meeting du 19 mai.
Un porte-parole d’Ansar Al Chariaa, Seifeddine Raïs a mis en garde jeudi le pouvoir contre « toute intervention de la police pour empêcher » le rassemblement et a estimé que le gouvernement sera « responsable de toute goutte de sang qui sera versée ».
Néanmoins, les salafistes jihadistes d’Ansar Al Chariaa ont finalement accepté de déposer une demande d’autorisation auprès du gouverneur de la région.
Le Gouverneur de Kairouan Abdel Majid Laghouen a affirmé aujourd’hui, avoir reçu cette demande d’autorisation de l’Association d’Ansar Al Chariaâ pour la tenue, dimanche 19 mai, de son Congrès à Kairouan.
Cette demande a été envoyée au Ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, le ministre de l’intérieur Lotfi Ben Jeddou s’est réuni avec les cadres de la sureté nationale, les unités d’intervention et la garde nationale pour étudier les préparatifs sécuritaires possibles autour de cet événement.
Le ministre de l’Intérieur a souligné, en outre, la nécessité d’appliquer la loi tout en évitant que les forces de l’ordre entrent en confrontation avec les représentants de cette mouvance. « Des ordres ont été donnés pour fournir du renfort », selon Mosaïqque FM.
Ne voulant pas se laisser intimider, il a souligné en outre, que « l’État ne se laissera pas menacer par l’organisation salafiste Ansar Ashariaa «, suite aux déclarations belliqueuses du mouvement jihadiste.
Des sources sécuritaires affirment, selon la même source, que des unités de sécurité ont été placées aux différentes entrées de Kairouan et empêchent des voitures et des bus transportant des partisans d’Ansar Al Chariaa d’accéder à la ville.
En attendant la réponse qui devrait tomber d’ici samedi, les Tunisiens assistent, à coups de prosélytisme, à une recrudescence « hérétique » des menaces.
Il est nécessaire que les principaux acteurs de la vie politique, lors du dialogue National, veuille chercher un consensus autour de l’avenir de la transition. Et le consensus est déjà bien consensus palpable. Mais le fossé reste énorme avec les mouvances extrémistes.
Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes. Les partis extrémistes-jihadistes, sont aujourd’hui bel et bien parmi nous. Ils font partie de la société, après tant d’années d’exil et de persécution. Et personne ne peut s’en débarrasser surtout avec la force.
Un premier pas vers des accords raisonnables avec les salafistes en Tunisie, même les plus durs, est aujourd’hui plus qu’impératif, et une approche efficace ferait éviter à la Tunisie biens des revers, auxquels notre pays aurait beaucoup de mal à s’en sortir.
Donc persuader les jeunes salafistes à travailler avec tous acteurs de la vie politique, dans le cadre de la légitimité, est une approche également louable et possible. De longue haleine, certes oui ! Mais certainement, ne sera point stérile.
Tout ce qu’on souhaite enfin c’est que tous les tunisiens sachent garder raison dans cette période critique et évitent les provocations et les divisions qui peuvent nous couter ….une guerre civile sans fin !
Abdelhamid Ferchichi
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