
Les Tunisiens sont sortis en masse pour célébrer la chute du régime le 14 Janvier 2011, en chantant la liberté et la dignité. Ils ont tous rêvé d’une Tunisie nouvelle, prospère, aimante sans misère ni répression.
Deux ans après , le pays est dans un état comateux , à la dérive, ruiné par une nouvelle mafia, asphyxié par l’incompétence, paralysé par des politiciens assoiffés de pouvoir, noyé dans une crise économique grave, divisé par des rivalités fratricides, tétanisé par les marchands d’illusion , prisonnier des nouveaux gourous de la religion royalement rétribués par les pétromonarchies et achevé par des charognards attirés par l’odeur du sang , de la mort et de la misère .Eloignée des préoccupations nationales, navigant à contre courant des revendications populaires, la nouvelle caste politique démontre son attachement et son obsession du pouvoir au détriment de l’intérêt national et confirme au peuple qu’elle ne vaut pas mieux que la caste de Ben Ali, qui de son exil saoudien hèle les nouveaux affamés : « qu’avez-vous fait de la Tunisie après moi ??? »
Le clientélisme de Ben Ali est toujours présent mais a pris d’autres formes, l’affairisme est remplacé par l’avidité, la corruption s’est amplifiée, l’allégeance au pouvoir se renforce, les opportunistes d’hier se muent en défenseurs de vertus, les vrais hommes d’Etat intègres et compétents sont évincés et remplacés par les arnaqueurs de l’opinion publique.
L’Etat qui se doit d’être impartial, fort et juste se fragilise et le gouvernement qui doit rayonner sur tous les Tunisiens se mue en gouvernement clanique. Il se doit de leur procurer justice, dignité, prospérité, sécurité et stabilité. Or, les Tunisiens n’ont rien de tout cela. La classe politique s’entredéchire pour des postes et est incapable de former un gouvernement après un mois de négociation, l’inflation galope, les prix flambent, la violence se généralise, l’insécurité gagne du terrain, les emplois se précarisent et l’avenir est en pointillé
La population est dépitée et se sent désabusée, ignorée et livrée aux hyènes de la politique et dans un sursaut de survie, un sentiment se répand de plus en plus chez de nombreux Tunisiens, le retour du dernier prédateur pour les sauver des griffes des nouveaux charognards.
Jalel JEDDI
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