
En Tunisie, l’islam est la religion d’Etat, c’est-à-dire que l’Islam jouit d’un statut privilégié. Mais en pratique, les dirigeants politiques ont toujours
fait preuve de modération en matière de religion. A la suite de la révolution tunisienne, un débat commence à s’instaurer entre les partisans de la laïcité et ceux de l’islam politique ou l’islamisme. Mais quelles sont donc les divergences qui existent entre ces deux courants de pensée ?
Le mot « laïc » désigne tout individu qui ne soit pas religieux. De là, apparait la notion de laïcité qui implique la séparation entre l’Etat et la religion. Cette séparation a connu sa forme la plus rigoureuse en France par la loi de séparation de l’église et de l’Etat de 1905 qui avait pour but d’empêcher le clergé catholique d’interférer dans les affaires de l’Etat Français.
Cependant, un état laïc n’est pas un Etat athée. Croire en un Dieu est un droit pour chacun mais la religion devient une affaire propre à la sphère privée du citoyen La laïcité implique que l’Etat se tient à égale distance de toutes les religions et qu’il n’en encourage aucune officiellement.
Sur le plan législatif, la loi d’un état laïc peut s’inspirer de certains préceptes ou principes moraux de la religion sans pour autant tirer sa légitimité d’une religion en particulier.
En Tunisie, on peut dire que le mouvement laïc est relativement récent. On a vu après la révolution plusieurs manifestations dans les grandes villes (essentiellement comme Tunis ou Sousse). Appelant à l’instauration d’un Etat laïque. Hormis les pays laïques comme les Etats-Unis ou la Turquie, il existe également des pays dits « séculiers », dont la constitution fait référence à Dieu.
Par ailleurs, l’islam politique ou islamisme est un courant politique né au 20éme siècle avec l’apparition en Egypte des frères musulmans, groupe fondé en 1928 par Hassan Al-Banna. Ce courant est né du choc colonial qu’ont vécu les pays musulmans et de leur rencontre avec la modernité occidentale. La solution pour les islamistes réside dans un retour aux sources de l’Islam, qui s’est dénaturé au fil du temps.
Les islamistes réclament une application rigoriste de la Chariaa comme unique source de loi. La Chariaa contrôle les deux sphères de la vie du citoyen : publique et privée. Une telle approche existe dans deux états du Moyen-Orient que sont : L’Arabie Saoudite et L’Iran. Deux pays, dont il faut rappeler qu’ils sont en queue de liste en matière des droits de l’Homme.
En Tunisie, deux mouvements revendiquent une identité islamiste à savoir Ennahdha et Ettahrir (parti non autorisé). Le premier, créé en 1981, vise l’instauration d’un état islamique en Tunisie et se dit proche du parti islamo-conservateur turc AKP. Le deuxième est un petit parti salafiste qui prône l’adoption du califat comme système politique et la dissolution des partis politiques.
Enfin, le débat entre islamistes et laïques consacre la différence entre deux visions de la société totalement antagonistes. Un état laïc est clairement plus en phase avec les droits de l’homme et les libertés individuelles, contrairement à un état islamiste où la situation des droits de l’Homme pourrait connaitre une régression énorme, non en raison du coran en soi mais surtout à cause de l’interprétation que l’on fait de ce livre saint.
Bref, un parti islamiste peut exister dans un pays laïc (exemple le parti AKP de Tayep Erdogan en Turquie) mais un parti laïc a peu de chance de voir le jour dans un état islamiste. C’est là peut être la principale différence.
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