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Tunisie: Le génocide révolutionnaire !

28 juin 2013
in Chroniques
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De nombreux Tunisiens ont l’intime conviction que personne ne dit toute la vérité sur les vraies motivations de cette mystérieuse loi d’immunisation de la révolution.

Personne ne sait si c’est une élimination purement politique de concurrents  potentiels, une sanction exemplaire contre les ennemis d’hier ou tout simplement une extermination et un génocide d’une partie de la population considérée comme paria par d’autres Tunisiens qui ne partagent pas ses convictions.

Les manœuvres d’endoctrinement, de désinformation  et  de menaces qui accompagnent cette loi de la honte, comme en témoigne le sit-in des ligues de protection des privilèges ce Jeudi 27 Juin devant l’ANC, abondent dans cette spirale infernale de conflit intersocial qui se profile où se mêlent exclusion, sanction collective, suspicion, délation, violence, atteinte à la dignité humaine et intolérance.

Les instigateurs de cette fameuse loi qui s’autoproclament protecteurs de la révolution, honnêtes, intègres, démocrates et patriotes, se révèlent  désormais protecteurs de leurs propres intérêts, séparatistes, mafieux et claniques.

La réalité monstrueuse cachée de cette loi et l’entreprise macabre qu’elle veut  mettre en place consiste à diviser la société tunisienne pour en faire des castes au sein du même peuple.

Ainsi nous aurons les citoyens de première catégorie favorisés car ayant juré allégeance et servitude au pouvoir, les citoyens de seconde zone car ayant manifesté une opposition critique au pouvoir et enfin une 3 ème catégorie d’hommes et de femmes à qui on veut ôter la citoyenneté et l’identité car ils ont servi l’ancien régime  et l’Etat  pendant 20 ans.

L’exclusion et la sanction collective, chères à Ennahda et ses milices, sont un avant-goût de leur stratégie pour baliser les contours de la Tunisie de demain. Une Tunisie meurtrie, traumatisée, divisée, corrompue, injuste, violente et ingrate.

Une Tunisie ségrégationniste, sans aucune référence aux valeurs universelles des droits de l’homme et dont les seules vertus sont le déni de citoyenneté, l’instauration de castes, la vengeance et l’abus de position dominante.

En plus de l’élimination de concurrents potentiels, la loi de la honte serait une loi abominable  qui vise à massacrer et à anéantir les compétences et les élites du pays au profit d’une caste d’ignorants dont le seul mérite est l’allégeance et d’incompétents dont l’unique vertu est la violence.

Comment justifier la sanction  d’un Ministre technocrate qui a servi sous l’ancien régime et que tout le monde reconnait l’intégrité, la compétence et l’honnêteté ?

Pourquoi anéantir les Tunisiens valeureux et volontaires qui ont accédé à des postes de responsabilité grâce à leurs expertises et leurs diplômes et  dont le seul tort est d’avoir servi leur pays en tant que PDG, ambassadeurs, commis d’Etat ?

Par quel mécanisme va-t-on justifier ce délit d’appartenance non pas au RCD dont tout le monde reproche les pratiques mais à l’Etat ?

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois et  Ennahda et ses milices ont compris que leur gouvernance est un fiasco total, que la situation a empiré, que la crise s’est aggravée et que pour se maintenir au pouvoir et continuer à profiter des fastes de la République, ils doivent impérativement vider le pays de ses compétences et de sa matière grise.

La stratégie est simple. Elle  consiste à retarder la justice transitionnelle par laquelle chacun doit répondre de ses actes pour accélérer la loi d’immunisation, injuste, violente et illégale mais ô combien profitable par pur calcul politicien et idéologique.

Les risques d’instrumentalisation sont importants et ne peuvent conduire qu’à une incitation à la violence, à l’injustice, à la vengeance et au séparatisme. L’unicité du peuple tunisien sera remise en cause et une réflexion s’impose pour mesurer les effets d’une telle loi.

Quand elles ne sont pas productrices de justice et d’équité, de telles lois ne peuvent qu’inciter au déni de citoyenneté  et font surgir aux portes de la Tunisie le spectre d’une violence et d’une épuration génocidaire, inhumaine et contraire aux principes universels des droits de l’homme.

Jalel JEDDI

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