
Rien n’est jamais écrit et connu à l’avance. Deux ans après les élections qui ont porté Ennahda et ses filiales au pouvoir, le peuple a cru aux promesses des chantres de la vérité, des défenseurs des droits de l’homme et des démocrates militants. Ils ont promis de combattre l’injustice, de rétablir l’ordre républicain, d’améliorer les conditions de vie des tunisiens et de bannir à jamais le clientélisme et l’affairisme.
L’attente est longue, les espoirs s’anéantissent et jamais le peuple ne s’est retrouvé aussi désabusé, démuni et menacé dans sa vie. Aux questions vitales et cruciales et aux maux qui rongent notre société, le pouvoir à 3 têtes, grisé par ses contradictions idéologiques et ses guerres fratricides, apportent les mauvaises réponses et enfonce le pays dans une crise économique, morale, sociale et politique sans précédent. Le spectacle de désolation offert par les élus, l’incompétence, l’appétit dévorant et les pirouettes idéologiques de certains politiciens n’inspirent que mépris et dégout d’ un peuple qui a porté ce mouvement contestataire à bout de bras.
Dans cette cacophonie politique et idéologique, de nouveaux arrivants sont apparus pour salir, écorcher et enlaidir un tableau peint des mains des innocents et des simples d’esprits qui ont cru à tort à un monde meilleur après le départ du tyran. Tous les coups sont permis pour avoir sa part du gâteau comme l’a si bien dit notre vénérable Président , l’essentiel est de se montrer , de s’exposer et de faire étalage de sa médiocrité.
Ainsi nous avons droit aux apprentis démocrates à la solde des lobbies occidentaux, éblouis par les paillettes de la politique et qui abondent dans la provocation et le déni de valeurs morales pour s’attirer les feux des projecteurs et avoir leurs temps de gloire médiatique comme ce fut le cas pour la Femen tunisienne.
Voulant laver leur honneur bafoué par les flirts avec l’ancien régime, les falsificateurs et blanchisseurs d’histoire, se mettent en rang pour défendre les acquis de la révolution. Il s’agit d’anciens fantassins des clans Ben Ali et Trabelsi et de délinquants reconvertis qui veulent réécrire l’histoire avec une posture de révolutionnaires de la 25 ème heure. Agissant par intérêt plus que par conviction, ces milices de la falsification, pénalisent doublement la transition démocratique ; ils trahissent la conscience collective d’un peuple qui a souffert et apportent les faux remèdes aux maux dont ils sont la cause.
Enfin, les plus inquiétants sont ces nouveaux apprentis terroristes achetés à coup de milliers de dollars par les Emirs du désert, ces jihadistes exhibant barbe et kamis, profitent de la passivité des autorités pour tenter de démanteler le modèle sociétal tunisien par la force des armes. Endoctrinés par un idéologisme moyenâgeux et entrainés pour tuer, ces marchands de la mort sèment l’horreur et attaquent les appareils de l’Etat, premier obstacle à l’instauration d’une dictature sanguinaire.
La situation de la Tunisie est en grande partie la faute des politiciens qui manquent de maturité et qui ignorent la typologie du peuple tunisien. Un peuple forgé par sa diversité, sa simplicité, sa richesse humaine et la grandeur de ses femmes et de ses hommes qui ont fait son histoire et sa légende et il appartient aux politiciens de repenser leurs liens avec un peuple rêveur, simple et volontaire.
La construction de l’avenir de la Tunisie, la concordance nationale et la réconciliation entre le peuple et les politiciens dépendront de la perception par ces derniers de la spécificité identitaire, de la diversité et de l’exception de tunisianité.
Jalel JEDDI
Discussion about this post