
Plus qu’un crime odieux et barbare, c’est surtout une déclaration de guerre contre l’unité d’un peuple libre et les symboles d’un pays indépendant. L’assassinat crapuleux de Mohamed Brahmi, élu du peuple et figure de l’opposition tunisienne, perpétré le même jour que la fête de la République en dit long sur les dangers qui guettent le peuple tunisien.
L’assassinat de Brahmi n’est pas neutre et trouve ses motivations dans les appels à la violence et aux menaces non voilées entre autres celles d’un autre élu Sahbi Atig qui n’a pas hésité lors d’un meeting de soutien au Président Egyptien Morsi à brandir des menaces contre tost ceux qui oseraient renverser la légitimité.
Ne disposant pas du minimum requis pour un débat d’idées , à court d’arguments et sans scrupule, certains hommes politiques profitent des meetings pour endoctriner leurs partisans , faire l’apologie de la violence, semer la haine et la discorde ,appeler au meurtre , semer la haine et justifier la division.
La responsabilité morale de Sahbi Atig est engagée du seul fait de tenir un tel discours haineux et de proférer des menaces claires et sans équivoque à tous ceux qui veulent renverser le régime.
Dans ce climat de tension et de suspicion, il est inconcevable et irresponsable qu’un homme politique appartenant au parti au pouvoir puisse débiter de tels propos de séparatisme ambiant.
En plus de nombreux autres hommes politiques, syndicalistes et même journalistes irresponsables ont eux aussi participé à ce résultat par leurs déclarations haineuses qui ont alimenté cette spirale de la violence et qui nous mène vers une guerre civile qui nous guette.
Le doute et la suspicion sont là et l’histoire de cette révolution tant acclamée est à jamais entachée par le sang de Chokri Belaid et son assassinat à des fins politiques est inexcusable et les divergences, les antagonismes et les positions radicalement opposées ne peuvent justifier une telle horreur.
Dans ce climat de tension, d’incertitude et de déchirement, les plus pessimistes pensent que la Tunisie traverse un des pires moments de son histoire car ces violences répétées et ce nouveau crime politique ignoble sont les prémices d’une guerre fratricide où le débat d’idées laisse la place au débat des armes et où la force des mots est remplacée par la force des mains et les plus optimistes croient que la Tunisie pourrait s’épargner une telle guerre ,éviter une telle violence pour peu que nos sages ,patriotes et nationalistes et par ces temps où les symboles et les gestes comptent tant doivent prendre leurs responsabilités : condamner la violence sous toutes ses formes verbale et physique , tempérer leurs discours haineux , réinstaurer l’autorité de l’Etat seul dépositaire de la force et garant de l’ordre public et lancer un vibrant appel aux sages de ce pays pour un message d’apaisement.
Jalel Jeddi
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