
Un paysage de désolation partout en Tunisie, tel était le cas hier, jeudi 25 juillet 2013, à la suite de l’assassinat du député de l’opposition et élu du gouvernorat de Sidi Bouzid, Mohamed Brahmi.
Un sentiment de colère et d’impuissance chez bon nombre de citoyens qui ne savent plus quoi penser de tous ces événements tragiques que traverse le pays. Six mois à peine après le meurtre de Chokri Belaïd, lui aussi opposant à la troïka qui gouverne et connu par ses positions radicales vis-à-vis d’Ennahdha, parti politique majoritaire au sein de la coalition gouvernementale… et voilà que rebelote, un deuxième assassinat politique a lieu dans nos murs.
La scène a été minutieusement préparée, c’est en tout cas ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, lors de la conférence de presse tenue ce vendredi et censée faire toute la lumière sur l’horrible assassinat qui a émaillé la nation.
Des scènes de chaos et de révolte ont alors eu lieu un peu partout en Tunisie, des tentatives d’irruption dans les sièges des administrations officielles de l’Etat à l’instar du gouvernorat de Sfax ou encore celui de Sidi Bouzid. Une réplique musclée de la part des forces d’intervention et des agents de l’ordre, la plupart du temps…
Sauf que voilà, être tunisien ça ne s’improvise pas, et le paradoxe ça nous connaît… et pour cause… !
Hier, un spectacle des plus incroyables et des plus inattendus a eu lieu partout en Tunisie. Suite à la rupture du jeûne, les rues de la majorité des villes vivaient sur le rythme d’une activité intense. On pourrait penser qu’il s’agit là de mouvements protestataires et autre sit-in organisés pour l’événement et appelant à destituer le gouvernement à dissoudre l’Assemblée Nationale et entrer dans une phase de désobéissance civile comme ont appelé la majorité des leaders politiques de l’opposition du pays. Mais il n’en est rien ou presque…
En effet excepté quelques foyers chaud et qui n’ont pas réussi à rassembler autant de monde qu’attendu et que prévu, les différentes villes et cités du pays ont connu une activité tout ce qu’il y a de plus normal. C’était le cas à Sousse, à Sfax, à Hammam-Lif, à Mégrine, au Lac, à La Marsa, à Sidi-Bou Saïd et j’en passe… les cafés étaient bandés de monde, plein à craquer et les différents types de commerce n’ont pas chômé.
Mieux encore, on a su que les téléspectateurs des télévisions tunisiennes ont versés leurs colères sur les standards de ces chaînes à cause du changement de la programmation Ramadanesque.
Le constat est très clair, il s’agit de deux chose l’une; ou alors le Tunisien en a ras le bol de la politique et des événements tragiques qui ne cessent de se succéder, et a définitivement démissionné de son rôle de citoyen digne et humble ou alors il est à la recherche de la joie de la gaîté et des plaisirs simples de la vie…
La vie continue normalement, mais rien ne laissait présager ce genre de situation…
Slim Maâtoug
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