
Depuis l’investiture du nouveau gouvernement de Mehdi Jomâa, de nombreux Tunisiens sont impressionnés face aux CV impressionnants de la majorité des nouveaux ministres.Surtout que ces CV ont été de surcroît très médiatisés.
De nombreux Tunisiens sont donc restés béats et s’estiment rassurés que le destin de la Tunisie lors de la dernière phase de la transition démocratique ait été mis entre les mains de telles compétences !
Néanmoins, d’autres observateurs ont une autre vision du sujet et préfèrent attendre pour juger si les nouveaux ministres pourront s’adapter à la réalité tunisienne et seront à la hauteur des aspirations.
Selon eux, un excellent cursus académique et un CV en béton peuvent ne pas être suffisants pour garantir la réussite de ces ministres, surtout qu’ils peuvent être handicapés par le fait qu’ils ignorent totalement les mentalités tunisiennes et la réalité du terrain.
En effet, ces ministres (des Atugiens en majorité) venus d’horizons lointains vivent depuis longtemps à l’étranger et exercent dans des multinationales où la culture du travail prime.
Ils ont laissé là-bss familles, connaissances et notoriétés pour venir aider le pays avec des « salaires de misère » comparés à ce qu’ils touchaient à l’étranger.
En Tunisie, ils seront confrontés à des demandes pressantes parfois illogiques, à des critiques injustifiées et même à de l’ingratitude.Ce qui peut leur faire regretter ce choix.
D’ailleurs ceux qui mettent en doute la capacité de certains ministres à résister aux pressions rappellent qu’une sommité comme Elyes Jouini a vite jeté l’éponge en 2011. Nommé le 27 janvier comme ministre auprès du Premier ministre, chargé des Réformes économiques et sociales et de la Coordination avec les membres du gouvernement, le Vice-président de l’université Paris-Dauphine a mis sa carrière à l’internationale entre parenthèses pour venir servir son pays. Néanmoins, face aux pressions, au dénigrement et à l’ambiance malsaine de travail, il a vite jeté l’éponge en démissionnant le 1er mars de la même année.
C’est pour cela que la question qui pose est de savoir si les ministres technocrates de Jomâa, qui ne bénéficient du soutien d’aucun parti politique, pourront résister aux pressions en menant leurs missions jusqu’au bout.
Kais Ben Mrad