
La révolution tunisienne ne cesse d’inspirer les peuples longtemps tyrannisés. Cette fois-ci, c’est au tour des libyens de se rebeller contre l’injustice.
Mouammar Kadhafi, qui dirige la Libye depuis 42 ans, est aujourd’hui contesté par les manifestants qui réclament un changement de régime et davantage de libertés dans le pays.
Les manifestations ont commencé à Benghazi, ville côtière de l’est de la Libye, pour gagner ensuite les autres villes telles que Mesrata, Zenten et finalement Tripoli la capitale.
Le régime libyen a choisi de réprimer violemment toute velléité d’opposition. C’est dans ce sens que les forces de sécurité tirent à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Le bilan est lourd. Il aurait atteint selon le ministre italien des affaires étrangères, 1000 morts et plusieurs milliers de blessés.
Des images de carnage ont afflué avec le rétablissement des télécommunications dans le pays. Plusieurs sources indiquent que Kadhafi a utilisé l’aviation pour bombarder les contestataires.
Dans ce déluge de violence, plusieurs diplomates et hauts responsables libyens ont commencé à démissionner du régime. Le ministre de la justice, suivi par le ministre de l’intérieur Abdelfattah Younes ont annoncé leur démission du gouvernement.
Un proche d’un des fils du colonel Kadhafi vient également de démissionner de son poste en Libye, justifiant qu’il « ne peut plus accepter la violence » qui sévit dans son pays depuis le 17 février dernier.
L’inflexibilité, de la part du régime libyen, a été traduite, d’abord, par l’allocution du fils du colonel Kadhafi, Seif EL Islam qui a promis aux manifestants » des rivières de sang » dans toute la Lybie et la « guerre civile ».
Cette prise de parole a été suivie, ensuite, par le discours du colonel Kadhafi lui-même. Ce dernier n’a pas cherché l’apaisement en se disant prêt à « combattre jusqu’à la dernière goutte de son sang ». Il a également traité les manifestants de « rats » et de « microbes » en les menaçant de représailles.
Le colonel Kadhafi nie être le président et affirme que « si tel était le cas, il aurait jeté sa démission aux visages de ses opposants ».
Mais cette dérobade ne doit pas nous faire oublier que cet homme a régné pendant 42 ans d’une main de fer sur la Libye. Considéré longtemps comme un terroriste, par les occidentaux, il ne doit son retour à la scène internationale qu’après avoir indemnisé les victimes de l’attentat de Lockerbie (qu’il a commandité) et renoncé à la course à l’armement nucléaire.
Aujourd’hui, son propre peuple subit sa folie meurtrière et comme a titré un célèbre journal anglais « le chien enragé ne s’en ira pas sans un dernier combat ». Espérons que ce dernier combat soit de courte durée.
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