
« Microbe », le mot est lâché tel un couperet pour qualifier le sulfureux et sulfurique prédicateur Wajdi Ghenim ! Venant de la bouche d’un médecin,
neurologue de surcroit, l’impact n’en est que plus clinique. Le toubib de Carthage s’en est excusé après coup car, parait-il, le chirurgien en chef de la Nahdha l’a rappelé à l’ordre, l’enjoignant de rectifier son diagnostic et de contenir ses glissements sémantiques. Ce n’est parce qu’il est, par accident, au chevet de la république que notre docteur national prend la liberté de confiner de tels grands esprits à des germes pathogènes, lui assène-t-on !
Microbe ? J’estime que le terme est trop homéopathique, voire trop sédatif, pour donner la pleine mesure de ce risque de rupture d’anévrisme menaçant les artères républicaines. Un virus (poison en latin) que des illuminés bactériens se démènent pour inoculer au système génétique et immunitaire tunisien. Et comme tout virus, par définition insensible aux antibiotiques, le salafisme wahabite ne peut battre en brèche que par la vaccination.
D’ailleurs, et pour rester dans un jargon médical, le ténébreux et non moins moyenâgeux Wajdi Ghenim braille un vrai discours d’anatomiste. Sa culture clitoridienne n’a d’égale que sa diarrhée verbale. Il donne, sans coup férir, à l’excision féminine, douloureuse mutilation physique et psychologique, la dimension d’une opération esthétique. Ainsi, la femme serait autrement plus belle et nettement plus appétissante dépossédée d’une partie de son attribut génital féminin. Je me demande, à juste titre, qu’au vu de la situation de disparité, d’injustice, d’arbitraire et d’assujettissement, pour ne par dire de servitude, dans lequel évolue la femme musulmane en général, ce Wajdi n’a-t-il pas d’autre chatte à fouetter (au scalpel) ? C’est le cas de le dire.
Outre charcuter les femelles, Wajdi la science, toujours sous perfusion obscurantiste et bistouri doctrinal à la main, assimile l’amputation des mains, la lapidation, la décapitation à des soins palliatifs ou à une cure thérapeutique. Notre Ministère de la Santé a condamné fermement cet acte d’excision et a bien énuméré les traumatismes physiques et psychologiques qui en découlent, outre les instruments internationaux qu’il viole sans vergogne ! SIDA diriez vous ! Salafiste Illuminé Docteur es-Anatomie ! Le grand Fadhel Ben Achour en aurait chopé un rhum théologique, sans compter le non moins éminent Tahar Haddad qui a toujours en grippe ce genre d’esprit misogyne. Aux dernières nouvelles outre tombe, Bourguiba en aurait attrapé une bronchite constitutionnelle et bouffé jusqu’à la dernière page son Code de Statut Personnel, fierté de tous les tunisiens.
Ce Wajdi , quelle plaie !
La pratique de l’excision n’a jamais été un héritage de l’Islam car antérieure à toutes les religions monothéistes, il s’agit d’un rituel pharaonique. D’ailleurs le fait que cette pratique, au-delà de sa nature barbare, soit plus présente dans les contrées longeant le Nil accrédite cette acceptation. Venir aujourd’hui faire l’apologie, au nom de l’Islam, d’une tradition aussi préhistorique qu’inaccoutumée, c’est enraciner encore davantage cette image sombre et rétrograde d’une religion qui clame pourtant la tolérance, le dialogue, la salubrité et la fraternité.
Avant d’être une humiliation de la femme, la pratique de l’excision est une insulte à l’Islam, je dirais même une remise en question de l’œuvre divine de création, donc une forme d’apostasie. En effet, vouloir procéder à l’ablation d’une partie du tissu biologique natif de la femme ne serait-il pas, en quelque sorte, une manière, par trop tranchante, de désavouer ce que Dieu a crée et de s’y substituer pour amputer ce bout de chair et réparer ainsi cette imperfection attribuée, consciemment ou inconsciemment, à Dieu. Donc, là où Cheikh Wajdi croit nous guider sur le droit chemin, il s’en écarte gauchement !
Au nom d’une virginité à sauvegarder comme un bijou de famille, idéal féminin par excellence et principal dot nuptial exigible de la mariée, fruit comestible sans modération, pour tout homo-erectus qui réduit la femme à son hymen, on défigure l’intimité profonde de la femme, on altère sa sexualité et on corrompt son identité. N’y aurait-il pas derrière cet acte d’ablation une volonté d’appropriation de la femme ? Celle-ci ne serait « femme en entier » qu’estropiée et dépossédée, par la force, en totalité ou en partie, de cet attribut congénital, tactile et phallique, donc masculin. Comme le disait le grand regretté Thomas Sankara, durant sa campagne contre l’excision, cette dernière traduit une quête obsessionnelle pour que » chaque femme soit la propriété d’un homme ».
En résumé, sur tous les plans, religieux, social, culturel, moral et humain, la pratique de l’excision est un acte anachronique, avilissant et inhumain. En faire la promotion c’est ramer à contre courant de l’itinéraire historique de l’humanité et nier à Dieu la perfection de son œuvre de création.
Je ne peux conclure sans m’interroger : Est-il hérétique de constater que chaque fois qu’un obscur apprenti prédicateur dégaine, il cible et tire immanquablement sur la femme ?! Comment expliquer cette fixation à imputer à la femme tous les maux de la terre, tous les péchés qu’ils soient originels, mignons ou de tout autre acabit ? Déjà considérée par beaucoup comme citoyenne de seconde catégorie, bestiole sexuelle et objet de sédition, sans sagesse ni foi, il faut en plus que des cavaliers de l’apocalypse, dans leurs soutanes d’objecteurs de conscience et de détenteurs de la vérité, viennent distiller leur fiel dans les stries de la société et dans les interstices de l’ignorance et nous convaincre que la femme, rien que par sa présence, est un déni de Dieu et une impie à emmurer derrière un rempart ou un niqab, à défaut de l’enterrer vivante à la naissance, pour laver le seuil de la piété de ses souillures, à la grande liesse d’un essaim de barbus.
Wajdi, dégage !
Discussion about this post