
Deux années après la valeureuse révolution magistralement dessinée et orchestrée par l’Oncle Sam, appuyée par leurs hommes de main qataris et relayée par des activistes locaux rêveurs et enthousiastes , le peuple Tunisien est en droit de réclamer un bilan et un droit d’inventaire sur ses revendications économiques et sociales qui ont motivé son soulèvement et les conséquences qui s’ensuivirent.
Le peuple a vécu dans le mythe d’une révolution spontanée faite par le peuple et pour le peuple avec pour seule trame la justice et l’égalité , qui allait rompre avec les pratiques du passé , rétablir les injustices et les déséquilibres régionaux ,améliorer les conditions de vie des gens qui souffrent et offrir des opportunités et des horizons à une jeunesse en perdition.Mais nos gouvernants et élus du peuple, de peur de dresser l’inventaire et le bilan de cette période post révolution, tentent de réécrire l’histoire en pratiquant une omerta totale sur les vraies revendications et s’efforcent de les reléguer au second plan en usant de diversion pour occuper l’opinion publique par des questions d’identité, de religion, de régime politique, de remaniement ,de prêches, de fatwas moyenâgeuses et de débats stériles.
Qui sera le comptable de cette situation et du désarroi de cette population en détresse et qui assumera la responsabilité du dégout, de l’insécurité, de la précarisation des conditions de vie, de la menace terroriste et de la violence qui guette le pays, de ce réveil cauchemardesque, de ce fossé qui se creuse entre les régions, des usines qui ferment, des investisseurs qui désertent le pays ,du nombre de chômeurs qui gonfle et du ras bol général ??
Le seul moyen de regagner la confiance d’un peuple en proie au doute et au désarroi est que le gouvernement souscrive à ce droit d’inventaire et que l’opposition et la société civile assument leur responsabilité en quittant le terrain émotionnel et en dégageant les forces de proposition sur le chômage, le développement, la sécurité, la précarité et la violence.
Si nous faisons le procès de ce gouvernement noyé dans ses contradictions idéologiques , en panne de solutions concrètes dépendant des égos des chefs et acolytes et incapable de sortir le pays de la crise, de ces élus plus préoccupés par les rentes et primes que par les préoccupations du peuple et de cette opposition en manque de propositions et qui carbure au seul charisme de son chef, c’est que cette situation empirique en perdurant risque de nourrir des sentiments de regret sur un passé pas très lointain et de laisser grande ouverte le possible retour à une dictature encore plus sanguinaire et plus violente capable de redresser l’économie , restaurer l’autorité de l’Etat ,arrêter cette spirale de la violence, anéantir ces milices privées qui prolifèrent , repousser cette invasion sectaire wahhabite et rétrograde, stopper la spoliation de notre identité et notre patrimoine et rendre à la Tunisie son éclat et son aura.
Jalel Jeddi
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