
Depuis son intronisation, le gouvernement démocratiquement élu tente de conjuguer les axes majeurs de son action dans l’ordre : agir, entreprendre, convaincre et séduire.
Inconscients des difficultés rencontrées, de la suspicion qu’il inspire, du poids des reformes à entreprendre et des attentes d’un peuple sorti de deux décennies de dictature, le gouvernement tente d’inverser l’ordre des axes et joue maladroitement son joker gagnant la Séduction.
Face à l’immensité des défis, l’incapacité à fédérer et l’impossibilité matérielle d’entreprendre et de résoudre des problèmes vieux de 20 ans, notre gouvernement s’évertue et s’entête à affirmer et à communiquer sur sa légitimité et tente de justifier un état de fait incontestable et incontesté.
Cette inversion des axes a eu l’effet pervers et le scepticisme a gagné l’opinion publique qui s’attendait à une stratégie claire, une vision d’avenir et des argumentaires convaincants et n’a eu de la part du gouvernement que suffisance, arrogance, ignorance des vraies préoccupations du citoyen et glissement du réel (cherté de la vie, chômage, avenir) vers de l’émotionnel en axant son discours sur la légitimité et la victimisation en invoquant à tout va complot et machination de leurs adversaires politiques.
Depuis sa prise de pouvoir, le Gouvernement, telle une machine à débiter et à répéter les mêmes mots et les mêmes phrases, aligne sans états d’âme ses positions sur celles du Parti Ennahda et feigne d’oublier que contrairement à un Parti qui s’appuie sur ses adhérents et qui s’adresse à des militants pour les endoctriner, le gouvernement doit s’appuyer sur des hommes et des femmes ayant le sens de l’ETAT et prêts à servir tout un pays et tout un peuple indépendamment de sa région ou de son appartenance.
Nous constatons hélas que les membres du gouvernement confondent Etat-Parti et oublient leur stature d’Homme d’Etat et de ministre de tous les tunisiens pour porter celle d’un Leader de Parti acquis à la cause de ses militants.
Leur discours d’auto-satisfaction, leur volonté d’asservir les médias, leur attitude invective, la teneur de leur argumentaire stéréotypé, leur tentative de reléguer les problèmes réels au second rang, témoignent de cette insuffisance à communiquer avec un citoyen averti, actif et critique sur ce qu’il voit et entend. La théâtralité du spectacle offert ces derniers temps conjugués à l’odeur de scandales, les abus, les dépassements et les suspicions sur certains membres renforcent la crise de confiance entre l’Etat Parti-san et le citoyen.
Un citoyen, qui au sortir d’une révolution, a besoin de solutions concrètes pour son avenir et revendique un gouvernement d’action et non un gouvernement de victimisation car la supposée honnêteté ne justifie pas l’incompétence, la probité ne remplace pas la maladresse, la machination ne supplante pas l’inaction et la prétendue piété n’est pas compatible avec l’arrogance affichée par certains membres qui se croient plus dans un ring de combat que dans un espace public de débat.
Jalel Jeddi
Discussion about this post