
Ils restent imprévisibles et semblent déterminés à vouloir faire régner leur loi. Bizerte, Menzel Bourguiba, Kairouan, Sejnen, Goubellat, etc… Autant de festivals qui ont été soit interrompus, soit annulés, soit « saccagés » !
Mais jeudi soir, la fronde des salafistes a fait des victimes. Environ 200 salafistes, armés de sabres et de bâtons ont attaqué, selon un communiqué publié ce vendredi 17 août sur la page Facebook officielle du ministère de l’Intérieur, un festival qui se tenait à la Maison de la jeunesse à Bizerte faisant cinq blessés alors que quatre assaillants ont pu être arrêtés.
Il s’agit de la troisième « offensive » en trois jours. Mais cette fois-ci, la violence est montée d’un cran afin d’empêcher une manifestation organisée à l’occasion de la « Journée d’Al-Qods occupé et surtout pour dénoncer la présence de certains invités arabes », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Le ministère précise être intervenu, dispersant les assaillants à l’aide de gaz lacrymogène et arrêtant quatre d’entre eux.
5 blessés, 4 arrêtés !
Ces salafistes étaient armés de sabres et de bâtons, ont affirmé deux des organisateurs, Khaled Boujemma et Slahedine Masri, interrogés par la radio Mosaïque.
Selon Béchir Ben Chérifia, secrétaire général de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, la police a attendu une heure avant d’intervenir et de disperser le groupe.
Dans cette attaque, cinq personnes (deux spectateurs, deux organisateurs et un agent de police) ont été blessés, grièvement pour certains.
Les assaillants ont, par ailleurs, tout saccagé sur leur passage.
D’après ces témoins, les militants protestaient contre la présence de Samir Kantar, un militant du Front de libération de Palestine (FLP) qui a passé près de 30 ans dans les prisons israéliennes avant d’être libéré en 2008 dans la cadre d’un échange avec le mouvement libanais chiite Hezbollah.
La justice saisie
Les attaques de groupes salafistes contre des évènements culturels se sont multipliées ces derniers jours. Ainsi, Lotfi Abdelli a vu sa soirée annulée à Menzel Bourguiba par un groupe apparenté au courant salafiste, une troupe iranienne a été empêchée de monter sur la scène de Kairouan par des salafistes et sur les 350 festivals programmés, deux à savoir celui de Sejnen et celui Goubellat ont été carrément annulés après que leurs organisateurs eurent été menacés par des radicaux.
Les artistes et des représentants de la société civile accusent le gouvernement de manquer de fermeté voire de complaisance envers les salafistes.
Des plaintes ont été déposées par le ministère de la Culture suite à ces annulations et la justice saisie.
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