
Lors de son passage à Tunis, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a rencontré le Premier ministre du Gouvernement provisoire, M. Béji Caïd
Essebsi, jeudi 14 avril, au palais du gouvernement à la Kasbah.
A l’issue de son entretien avec le Premier Ministre, et tout en réaffirmant le soutien de la ville de Paris au peuple et à la révolution tunisienne, M. Delanoë n’a pas pu s’empêcher de sortir le nom de son idole… Mohamed Bouazizi.
Pour la énième fois, le Maire de Paris indique que la place Mohamed Bouazizi sera inaugurée, au mois de juin prochain, dans le 14e arrondissement de Paris.
Mohamed Bouazizi est considéré comme un héros par beaucoup. Le suicide de ce jeune vendeur ambulant, qui s’est immolé par le feu, a été à l’origine du déclenchement d’un soulèvement sans précédent en Tunisie. Il s’en suivra la fuite du dictateur Ben Ali et une onde de choc internationale qui a déclenché plusieurs révoltes dans le monde arabe.
Selon M. Delanoë, le but est de saluer « l’héroïsme de ce jeune homme » et aussi « l’énergie du peuple tunisien » qui ont « inspiré d’autres révolutions dans le monde arabe », a-t-il annoncé, il y a quelques jours, à une radio française.
Mohamed Bouazizi, jeune marchand de fruits de la ville de Sidi Bouzid au centre de la Tunisie, s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, excédé par des humiliations policières répétées et son geste a marqué le début d’un mois de manifestations qui ont chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali.
En Tunisie également, le geste de Bouazizi a été salué par bon nombre de citoyens qui respirent la liberté pour la première fois de leur vie. En effet, nous avons vu tout d’abord la création de plusieurs groupes Facebook qui saluent la mémoire du « Jan Palac » de Sidi Bouzid. Ces groupes ont connu un succès immédiat avec l’adhésion de dizaines de milliers de fans.
Les témoignages de respect à la mémoire de Mohamed Bouazizi ne se sont pas arrêtés là, plusieurs avenues et places de la république portent désormais son nom. Le dernier hommage en date, n’est autre que la parution d’un timbre de poste à son effigie !
Toute révolution est à la recherche de symboles. Le symbole de la Tunisie a été Mohamed Bouazizi dont le geste de désespoir a ému et sans nul doute poussé davantage vers l’exaspération de la jeunesse et de tous les citoyens contre la corruption, le clientélisme et le chômage.
Cependant, il ne faut pas tomber dans un excès d’adoration. Beaucoup déjà revendiquent le leadership de la révolution pour Sidi Bouzid, ville natale de Bouazizi, ou de Kasserine qui a donné le plus de martyrs à la révolution. Et pourtant, elle est notre à tous les tunisiens à part égale. Que se serait il passé sans la grande manifestation de Sfax du 12 Janvier ou celle de Tunis du 14 Janvier ??
Nul doute que l’euphorie autour de la personne de Mohamed Bouaziz retombera un jour. On se rappellera peut être alors que ce n’était pas un saint, qu’il était juste un jeune qui voulait vivre décemment du fruit de son travail mais qu’on l’en a empêché, lui à qui la vie avait tourné le dos.
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