La démission du membre de la Fédération tunisienne de football, Khemais Hamzaoui, suivie de son revirement surprenant, dépasse largement le simple épisode d’une démission avortée. Il s’agit d’un symptôme préoccupant d’un mode de gouvernance défaillant au sein de la FTF, où l’improvisation semble tenir lieu de méthode.
Lorsqu’un responsable comme Khemais Hamzaoui, qui a souvent affiché sans retenue ses positions les plus controversées sur Facebook, annonce publiquement, de la même manière, une décision aussi grave qu’une démission, il ne mesure pas qu’il engage non seulement sa personne, mais aussi l’institution qu’il représente, dont la crédibilité et l’image sont déjà fragilisées.
Une telle annonce ne devrait jamais être un geste impulsif ni un simple outil de communication émotionnelle. Elle exige réflexion, concertation et sens des responsabilités.
Le recours à des plateformes comme Facebook pour diffuser ce type de décisions pose un problème majeur : celui de la confusion entre communication personnelle et responsabilité institutionnelle. Gouverner, ce n’est pas publier à chaud ; c’est assumer des décisions stables, expliquées et cohérentes.
Le revirement rapide qui s’ensuit ne fait qu’aggraver la situation. Il installe l’image d’une direction hésitante, perméable aux pressions et incapable de maintenir une ligne claire. Cette instabilité alimente le scepticisme du public et affaiblit davantage la crédibilité de la Fédération tunisienne de football.
Plus grave encore, ce type de comportement banalise l’irresponsabilité. Annoncer, puis se rétracter sans explication solide, revient à traiter la fonction comme un espace d’expression personnelle plutôt que comme une mission exigeant rigueur et constance. Cela donne l’impression que les décisions sont réversibles à volonté, au gré des rapports de force du moment.
Ce n’est pas seulement une question d’image : c’est une question de gouvernance. Une institution sportive nationale ne peut fonctionner durablement dans le flou, l’improvisation et les contradictions publiques. Elle a besoin de règles claires, d’une communication maîtrisée et de dirigeants capables d’assumer leurs choix jusqu’au bout.
En définitive, cet épisode révèle une culture de gestion où l’urgence médiatique prime sur la responsabilité institutionnelle. Tant que cette logique perdurera, les crises se répéteront et la confiance du public continuera de s’éroder.

